TENTE ER
as
mn compte... » | Et il ne s’excusait même pas sur sa
fatigue ! Sans cesse, lui, si actif les dix ou douze premiers jours, il prononçait, devant des cas qui nécessitaient une intervention rapide, le dilatoire : « Nous
©pérerons demain » du chirurgien pa-
resseux. Je n’étais pas seul à constater ces symptômes de décadence. Après la courte période de soulagement que j'ai notée, Mme Ortègue avait de nouveau dans les yeux son anxiété d’auparavant,
accrue d’un étonnement. Elle ne recon-
naïssait plus l’homme supérieur qu’elle avait aimé en l’admirant. Et moi non plus, je ne le reconnaissais pas. Sachant la double influence qui tarissait heure par heure la source jadis inépuisable de sa généreuse énergie, j’appréhendais quelque catastrophe, sans trop deviner la forme inattendue qu’elle allait prendre, et l'incident d’un ordre tout professionnel qui devait marquer comme le second acte de cette tragédie.
Cet incident eut lieu exactement. A lundi 28 septembre. J’ai une raison pour |
me rappeler la date. La veille, un avion
‘allemand avait jeté quatre bombes sur
Paris et frappé une petite fille de treize
ans.
— « Comme le hasard est stupide tout
de même! » me dit Ortègue, ce lundi
matin, en me montrant dans un journal la nouvelle de cet attentat. « Pourquoi n’étais-je pas avenue du Trocadéro, à la place de cette enfant? »
— « Et Dufour, » répondis-je, « qui l’opérerait? »
Ce Dufour était un capitaine d’artil-
lerie que l’on nous avait amené, la semaine précédente, terriblement blessé d’une balle dans la région de la moelle épinière. Îl ne pouvait plus marcher.
… droite. dt'ant dise dlé
PR ai ès un minutieux examen, Ortègue ait conclu à une paralysie par com- pression, et qui guérirait, la balle extraite.
— « Vous avez raison, Marsal. Qui __ l’opérerait? » répéta-t-il. « Non. Je n’ai , __ pas oublié ce malheureux, ni que nous avons fixé ce matin pour essayer de le sauver. Le plus tôt sera le mieux. Nous avons trop tardé. Maintenant, avec son escarre, c’est peut-être une question L d’heures. Voulez-vous donner l’ordre qu’on le transporte dans la salle? » Et F quand je revins : « Voilà trois jours que -