‹ Le sens de la mortChapitre 27 sur 30 · XXV · texte numérisé non relu

XXV

Je n’avais pas le temps de m'’attarder à cet attendrissement. Je le tenais, cet unique moyen d'agir sur Ortègue, cherché depuis des semaines. Cet appel d’agonie, il l’entendrait, et tout de suite.

Si altérée que fût sa personnalité, si diminuée par la maladie, le poison et le désespoir, les touches en restaient trop grandes pour qu'il passât outre à cette imploration d’une âme à l’agonie. Je regardais Mme Ortègue. Elle continuait de pleurer, les bras, la tête, le buste comme écrasés contre la table, où elle avait écrit cette lamentable confession.

NA USENE sk MAD Elle ne me voyait plus-Ele. ne 8:

elle-même. Essayer de la consoler, à quoi bon? C'était la sauver qu'il fallait.

Je sortis du petit salon, en étouffant

mon pas. Puis, aussi vite que ma misérable jambe me le permettait, je me précipitai dans l’escalier, hors de la maison, dans le taxi. Je criai au chauffeur l’adresse de la rue Saint-Guillaume. Je tremblais que Mme Ortègue, revenue à elle, ne me suivit pour me reprendre cette feuille de papier, son salut ! — J’en relisais les phrases déchirantes, m'interrompant sans cesse pour épier, par.le carreau de la capote, si aucune voiture ne courait après la mienne. Mais non.

Une fois arrivé à la Clinique et tandis que je payais le chauffeur, je constatai que la rue Saint-Guillaume restait déserte. Mme Ortègue ne m'avait pas suivi, du moins pas aussitôt. J’avais la pleine hberté d'agir.

Je me heurtai dans la cour à maître Métivier. Le cérémonieux notaire, qui,

Ye

plus, ni que j'étais là, ni où elle était +

SUR Les, ds nt: Cnil

tante, m’aborda le premier. Il avait été

si étonné par sa conversation avec son célèbre client qu’il m’en parla, au risque de manquer à la discrétion profession-

nelle :

— « Je suis heureux de vous rencontrer, docteur Marsal. Je sais combien M. Ortègue vous aime. Je viens d’en avoir la preuve. » J’ai compris, depuis, cette allusion au testament de mon pauvre maître, qui, dans sa géné-

reuse affection, m'avait légué sa Cl-

nique, en cas de mort de sa femme.

« Et vous aussi, » continua Métivier,

« vous l’aimez beaucoup, n’est-ce pas? »

— « Certes. »

— « Alors, surveillez-le. Je ne serais pas étonné qu'il méditât une résolution fatale. Jai même cru devoir prévenir M. l’aumônier. Car vous savez, moi, je ne suis pas un esprit fort. J’ai la foi du charbonnier, et j’aimerais bien retrouver là-haut mes fidèles clients, surtout

ESS à - 2 #1, DH YÉ< re. L ÉTLRe MEN , à l’heure encore, dans le bureau, m’accueillait avec une affabilité dis-

x ceux es hu Ja: gloire. 1 né | comme M. - Ortègue. »

Set hi dans des esprits dans re- :

vêtent des aspects contradictoires. Au regard du digne notaire parisien, l’autre monde, c'était pour les gens de bien, — qu'il confondait avec les gens bien, — la grosse fortune continuée. Ce rêve paradisiaque d’un confortable posthume ne ressemblait pas plus à la religion de la douleur professée par le Breton Le Gallic que ce bourgeois considérable ne ressemblait lui-même à l'officier. Pourtant, par cet optimisme assez plat, Métivier reconnaissait l'existence d’un monde spirituel. Ortègue aussi, malgré lui, par son pessimisme révolté. Sa frénésie, ses spasmes de passion, la fièvre de son nihilisme, son désespoir devant :

la mort considérée comme une chute dans le néant, ses fureurs, c'était le sang qui dégoutte des membres coupés sur le lit de Procuste, Sa doctrine mutilait -

mn À tit en AR dé nt ne,

= à distance. Sur le moment je n’eus qu’une idée : « Maître Métivier a parlé à l’abbé Courmont. Pourvu que l’abbé n’ait pas déjà parlé à Ortègue et que

c’est possible, prenons les devants. »

Et je me hâtais vers le bureau, quand, - presque à la porte et au détour d’un corridor, je rencontrai précisément le prêtre.

— « Vous cherchez le Professeur? »

me dit-il aussitôt. « Il est chez M. Le Gallic. Moi, je cherche Mme Ortègue. »

— « Je la quitte. Le Professeur s’in-

. quiète d’elle? »

— « S'il s’en inquiète! » répondit l’abbé Courmont. « [Il vient d’entrer chez M. Le Gallic, dans un état! Il ne se possédait plus. Il nous a fait une véritable scène. Pour un peu, il nous rendait responsables de l'absence de Mme Ortègue. Alors, j'ai dit que j’allais m’enquérir. Je l’ai laissé écroulé sur un fauteuil. Ah! il est bien malade!

son âme. Toutes ces pensées me HN 1 Ci

je ne trouve pas celui-ci trop irrité! Si

Ke après l'avoir eue si indulgente, si

— « Une question, monsieur l'abbé.

Le notaire vous a parlé de ses craintes à l'endroit du Professeur, je le sais. Il tremble que mon pauvre maître n’ait des idées de suicide. Vous n’avez pas abordé ce sujet avec M. Ortègue? »

— « Non, » dit le prêtre. « Mais cette conversation m'a tellement impressionné que j'étais monté en parler avec M. Le Gallice, comme à un parent très proche. » à

— « Vous avez communiqué à M. Le Gallie l’idée de Métivier? » demandai-je.

— € Il avait la même déjà. »

— « Ils en parlent peut-être en ce moment, » m'écriai-je, « et que se disent-ils? Laissez-moi aller auprès d’eux, monsieur l’abbé... mais seul. Ce sera plus sage. Je rassurerai le Professeur sur l’absence de sa femme. Elle est sortie de la Clinique pour une course,

verte. Et le corps, Fe n’est rien. Mais l'âme!» ii

8 hd nititest dit 1 pri rés de

et s’il y a une “discussion entre son cou-

sin et lui, j'interviendrai avec plus d’autorité. Rien que votre habit risquerait d’exaspérer M. Ortègue. » A

— « Je vous laisse, docteur Marsal, »

répondit M. Courmont. « Du moment que M. Le Gallic est là, je suis bien inu-

tile, religieusement parlant. Je prêche l'Évangile, moi. Lui fait mieux : il le vit, il le souffre. Si M. Ortègue ne voit pas la vérité religieuse à travers cette grande âme, c’est qu'il ne peut pas la voir, c’est qu’il a, comme nous disons, nous autres théologiens, l'ignorance invincible. La parabole des talents nous l’enseigne : Dieu ne réclame qu’à ceux auxquels il a donné. Et puis, les pauvres que le Professeur a soignés par charité prieront pour lui. Je l’ai dit à maître Métivier. Devinez ce qu’il m’a répondu : « Ce sont les plus sûrs hono- « raires. » Oh! ce n’est pas du François de Sales. Tout de même, pour un bourgeois, ce n’est pas trop mal. Mais je vous retiens. Allez... allez... »

Je trouvai Ortègue au chevet du lit de l’officier. Les paupières de Le Gallic étaient baissées sur ses yeux, comme s’il dormait, tandis que les prunelles inquiètes de l’autre dardaient la colère.

Tous deux restaient silencieux. Le Gallic ne se permettait pas d’exprimer, et sans doute se reprochait-il de sentir, la révolte que soulevait en lui l’évidente et injustifiable jalousie du mari de sa cousine. Ortègue étouffait de se taire.

Mais il ne pouvait pas découvrir au jeune homme, qu'il considérait comme son rival dans le cœur de sa femme, son martyre intime. La fierté lui commandait de cacher l’effroyable crise qu’il traversait et qui l’avait décidé tout d’un

coup à fixer au lendemain l’échéance

fatale. Torturé de voir celle qu'il ai-

CTI Se 7

ralement, supplicié par cette fièvre d’un

soupçon d’autant plus impossible à cal-

mer qu’il portait, non sur des faits, mais sur des sentiments, il avait voulu tenter

un pari de désespoir : ou sa femme l’ai-

mait toujours et le pacte du suicide à deux tiendrait, ou bien, ne l’aimant plus, elle reculerait, et 1l saurait ! Elle n'avait pas reculé, et il ne savait pas.

Un autre doute avait surgi de cette acceptation, du « oui » prononcé par Mme Ortègue sans une hésitation et qu’elle exécuterait de même, mais poussée par quoi? Allait-elle mourir avec lui, par amour ou par point d'honneur?

Cette douloureuse question se dressait

devant Ortègue. Elle lui était insup-

portable. L’absence inexpliquée de sa femme achevait, en redoublant l'énigme, d’exaspérer sa Hot peut-être son remords. Quelle férocité dans cette mise en demeure imposée ainsi à une créature dont il avait tant éprouvé le dévouement ! L’ancien Ortègue, si noble,

dé mait, j jusqu’au : débve, lui Rap mo-

contraste entre ce + déchainement 1 presque bestial de passion et la maîtrise de soi dont Le Gallic donnait, en ce moment même, au forcené, un sévère, De.

un humiliant exemple! Cette supériorité de caractère était un outrage, et qu'Ortègue ne pouvait pas supporter non plus, avec les sentiments qu'il nourrissait maintenant pour l'officier. Que sa femme aimât Le Gallie, il l’appréhendait avec épouvante, avec horreur. Ilen doutait encore. Il ne doutait pas que Le Gallic n’aimât sa femme. Au fond, je l’ai marqué déjà, il l’avait toujours

La sympathie, indulgemment railleuse, qu’il avait si longtemps montrée au cousin de Mme Ortègue était une forme de la complaisance qu’éprouve un homme, avancé dans la vie, pour un homme plus jeune auquel il est préféré, — irrésistible caresse au plus vif de notre amour-propre. Une réaction en sens inverse s’était produite, dès qu’Or-

ET

Le tègue n’avait plus cru absolument à cette préférence. La passion contenue de Le Gallic pour sa cousine avait flatté l’époux triomphant. Le moribond s’en irritait, s’en offensait. J’ai marqué cela ; encore : il le haïssait. | Ces réflexions s’étalent aujourd” hui dans ma pensée. Sur le moment, je les perçus toutes, dans un éclair, par un phénomène de simultanéité mentale, . analogue à cette première ivresse de l’anesthésie que tant de mes malades m'ont décrite. On voit tout le détail de sa vie surgir devant soi; d’un coup d’œil, on embrasse des séries d’années ; -et l’inhalation de l’éther ou du chloroforme n’a duré qu’un instant.

— « Mon lieutenant, » dis-je à Le Gallic, du seuil de la porte, « vous m’excuserez. J'aurais à parler au Professeur, en particulier. »

Je me rendis compte moi-même que ma voix tremblait un peu. Sans doute mon visage était-il altéré. Ces signes d'émotion n’échappèrent pas à Or-

0 Que : se passe-t-il? CD DE

Sa voix s’étouffait, à lui aussi. Fe

thetéinls dans ses yeux l’horrible

vision qui surgissait : sa victime affolée devançant l'heure et se tuant la première. Le — « Tranquillisez-vous, mon cher maître, » répondis-je, «il ne se passe rien. à Je quitte Mme Ortègue. »

= —— « Elle est donc rentrée? Elle doit savoir que je la cherche. Pourquoi n’estelle pas avec vous? »

— « Mais parce qu’elle n’est pas rentrée. » :

— « Vous dites que vous la quittez.

Où l’avez-vous laissée? »

— « Chez elle, place des États-Unis. »

— « Elle est place des États-Unis?

Elle vous y a fait venir? »

— « Elle ne m'y a pas fait venir, mon cher maître. J’y suis allé de moi-même. »

— « Comment saviez-vous qu’elle y était? »

— « Je l'ai supposé. »

AT TRT

—« Pared que le docteur Marsal était inquiet d’elle, mon cousin. Il n’ose

pas vous le dire, mais je le devine. »

C'était Le Galhe qui intervenait maintenant. Pour la première fois depuis son arrivée dans la Clinique, un - accent d’autorité vibrait dans sa voix

d'ordinaire si résignée, s1 détachée.

— « Oui, » ajouta-t-il, « et moi aussi j'étais inquiet d’elle, après sa visite de ce matin. »

— « Elle vous a donc parlé? » fit Ortègue, en se penchant en avant. Il

me regarda, regarda Le Gallic, et, à

nous deux : « Que signifie cette conjuration autour de moi? » Puis à Le Gallic seul, avec violence : « Qu'est-ce qu’elle vous a dit? »

— « Rien. Mais je l’ai vue si troublée, si anxieuse, comme une personne qui se débat dans l’étreinte d’une angoisse accablante. Le motif de son angoisse, j'ai peur de le savoir. »

SRE Mais dites. di cl»

sista Ortègue plus violemment ‘encore.

— « Cest bien grave, » répondit Gallic avec un visible effort, « et pourtant. Mon cousin, si la mère de Cathe-

rine était ici, ou, à son défaut, notre

tante qui est, après sa mère, sa plus

proche parente, je les adjurerais de vous poser une question. Dans leur absence

et me trouvant le seul représentant de la

famille, vous ne vous offenserez pas si je vous la pose, moi, cette question. Il s’agit en effet, si ma crainte est vraie,

— et je ne suis pas seul à l’avoir, — du

plus cruel chagrin que Catherine puisse

éprouver par vous. Mon cousin, donnez-

moi votre parole d'honneur que vous ne pensez pas à vous tuer. »

En l’écoutant adresser une pareille demande à un pareil homme dans un pareil moment, je frémis, et plus davantage en regardant Ortègue l’écouter, les mâchoires serrées, les yeux étincelants, les mains crispées sur les bras du fauteuil. J’ai souvent pensé que le malheu-

devant nous, l’ébauche d’un véritable accès de délire. Sans quoi, aurait-il jamais répondu à cette question, évidem-

ment inacceptable, par une autre, plus

inacceptable encore, et qui risquait de provoquer une émotion fatale chez un

blessé confié à ses soins? Surtout auraitil continué par un aveu qui achevait

de le mettre, vis-à-vis du jeune homme, dans un tel état d’infériorité morale?

— « Puisque nous en sommes à nous demander des paroles d'honneur, » commença-t-1l, « je répondrai à votre question, mon cher Ernest, après que vous aurez vous-même répondu à ma question, à moi. Ah ! c’est comme représentant de la famille de Mme Ortègue que vous prétendez contrôler mon ménage?

Hé bien! donnez-moi votre parole d'honneur, à votre tour, que vous n’êtes pas amoureux de ma femme.

— « Mon cousin! » s’écria Le Gallie

que la surprise et l’indignation avaient

x sous due Th di la se , . lousie et de la morphine, avait eu là,

| re un sat 5 rire bite un accent de cruel triomphe. « Vous ne me la eos pas, cette parole ! Vous ne pouvez pas !.. Alors, vous l’aimez!... »

— « Mon cousin ! » dit Le Galhc pour la troisième fois, et sur quelton!

— « Vous l’aimez! » reprit l’autre, :

complètement hors de lui. « Ce n’est :

pas d’aujourd’hui que je le sais, allez.

C’est depuis toujours. Il y a une différence. Autrefois, vous n’espériez rien.

Vous vous sentiez un petit garçon à.

côté de l’homme que j'étais que J'étais ! » répéta-t-l. « C’est il y a deux mois, à votre visite, ici, que vous avez cominencé de vous dire, — j'ai lu cette honte dans votre pensée : « Si elle deve-

à « nait hbre! » Et puis vous avez été blessé, vous vous êtes fait envoyer chez moi, pour la revoir. Je vous ai dit ce que je crois, que vous pouvez vivre, vous, au lieu que moi. Moi, vous

/ n’aviez pas besoin d’être médecin pour

pas. Ma tte ne vous aime pas. Cr est moi qu’elle aime, et elle va partir, avec F “moi, pour toujours. Elle me l’a offert.

: J'ai accepté. Vous ne me la prendrez É pas. Je la garde... Ah! vraiment ! vous 3 prétendez la défendre contre moi?

à Quand elle rentrera, demandez-lui de 54 venir. Racontez-lui que je vais me tuer, que je vous l’ai dit, que je vous ai dit aussi qu’elle voulait mourir avec moi, que nous avons passé ce pacte ensembie.

Faites-la changer d'idée. Essayez. Je vous y autorise. Je ne sais pas où j'avais - la tête tout à l’heure, quand je m'étonnais qu’elle ne fût pas là. Elle est allée place des États-Unis, faire ce que j'ai fait ici, ce matin, tout mettre en ordre comme pour un voyage. C’en est un, mais sans retour... Seulement, puisque vous l’aimiez et que j'avais toujours été bon pour vous, Ernest, vous auriez bien pu ne pas venir ici, nous gâter nos dernières heures. »

Fi » nat Le da on

envoyé sans que je l’aie Fes: | l'avais regretté, je peux vous le dire jusqu’à maintenant. » HER

Et, se tournant vers moi : « Docteur Ver voulez-vous me donner ce cru- | cifix? » | = Î me montrait un Christ d'ivoire, de | travail moderne et très simple, qu’il avait fait accrocher au mur, en face de son lit, afin de l’avoir toujours devant les yeux. Je le lui donnai. Ses mains prirent le bois noir de la petite croix en se joignant. Il la porta lentement jusqu'à ses lèvres, baisa le clou qui transperçait les pieds et me dit :

— € Merci, docteur. Je suis content de vous avoir là et que vous assistiez au serment que je vais faire. Michel, »

il s’adressait à Ortègue maintenant, avec une appellation fraternelle dont la douceur inattendue étonna le furieux, qui releva la tête. « Michel, sur cette image du Sauveur, je vous jure que je

role, une seule que vous n’eussiez pu entendre. Si la pensée a jamais traversé

mon esprit qu’elle pût être libre un jour

= et devenir ma femme, je jure que cette

pensée a été inv Fraer et que je l’ai chassée comme une tentation criminelle,

vous vivant. Ce Christ de ma première Communion m'est témoin que je lui ai demandé la force d’y résister, et qu'il me l’a donnée. Auparavant, je lui avais demandé la force d’être heureux du bonheur de Catherine, alors que ce bonheur lui venait de vous, et que je l’aimais passionnément. Car c’est vrai,

- je l’ai aimée passionnément, unique-

ment. Oui, j'ai prié pour qu’elle fût heureuse par vous dans ce monde, et, en mourant, J'offrirai mon sacrifice pour qu’elle soit heureuse dans l’autre, auquel je crois. Voilà comment je l’ai aimée, comment je l’aime. Et vous, Michel, regardez maintenant comment vous l’aimez, vous, et l’acte que vous allez lui faire commettre. Vous dites

n’ai, de ma vie, dit à Catherine une pa-

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