Veut les séparer
Le côté pratique et utilitaire n'est pas absent non plus, mais il est beaucoup moins apparent que chez les Grecs. On l'observe plutôt chez les prosateurs, notamment chez Froissart :
Laquelle cité [Pamiers] est moult déduisant, car elle siet en beaux vignobles et bons et a grant planté de tous biens *.
Le paysage plaît et plaira encore longtemps en raison de la fertilité du sol.
On ne saurait donc chercher le pittoresque dans les descriptions du moyen âge. Elles sont sèches comme des schémas lorsque aucune comparaison ne vient les animer :
Entre deus monz, en une plaigne, Tôt droit au pié d'une montaigne, Desus une rivière a destre, La vist Rcnarz un fou [hêtre] planté... Puis s'est couchiez sur l'herbe fresche^.
Même lorsqu'un spectacle a séduit l'écrivain, ou que celui-ci veut donner l'impression d'un bel arbre ou d'un beau paysage — cas d'ailleurs peu fréquent — il ne sait ni le faire voir, ni donner les raisons de son impression; il se contente de dire que rien ne peut être plus J>eau :
Ombre li fèt li plus bîaus arbres Conques poïst former Nature '.
Et bien tesmoigue Jofroi li mareschaus de Champaigue ... qu'onc si bêle chose ne fut veùe *.