Plazer, v. 13-18. Cf. aussi Canso IV, v
pagne, relève un peu mon courage, et je chante à mon tour pour réconforter mon cœur, ce que de l'année je ne pensais pouvoir faire ^
Ce passage est bien significatif de la manière des troubadours, premiers analystes raisonneurs de l'amour. Le délicat et tendre Guiraut de Borneil. qui est, avec le fougueux Bertran de Born, le plus poète de ses compatriotes, a une vision plus pittoresque de la nature :
A l'orient je vois l'étoile accrue qui amène le jour, car je l'ai bien connue, et voici bientôt l'aube... Ne dormez plus, j'entends chanter l'oiseau, qui va appelant le jour dans le bocage.
Ici encore, la description a une utilité évidente dans le ^écit^
Quelques sentiments, peu fréquents pour l'époque, sont à noter. C'est, dans une Canso anonyme^, cette impression, peu raffinée sans doute, mais neuve pour la littérature provençale (v. 25-28) :
Quand nous fûmes à Vitoria, nous vîmes la verdure fleurie : de joie nous cueillîmes de la lavande, du thym dans un enclos et du romarin.
Enfin voici un premier germe — tout à fait isolé — de l'amour de la montagne, sous la plume d'un troubadour auvergnat, Peire Rotgier :
Moi, je m'en vais en terre étrangère. J'aime mieux froidure et montagne que je ne fais figue et châtaigne, ni plaine et chaleur*.