Premiers vers du ch.inl I deVEnfer
tante dans l'histoire du sentiment de la nature. Si ses peintures ont moins de relief, elles sont en revanche plus émues, plus imprégnées de sensibilité. J'ai cité plus haut* son printemps, inspiré des troubadours, mais avec un accent individuel. Plus originale est, en prose, sa description du Ventoux* (dont il avait fait l'ascension), et où vibre un enthousiasme du paysage tout à fait nouveau. Car il aime profondément la nature, non seulement dans ses aspects riants, mais dans ses forêts et ses montagnes que Dante n'admirait qu'avec crainte. Le premier, il a dégagé des sommets le symbole de l'idéal et de l'infini :
Un sapin, un hêtre, un pin entre l'herbe verte et la belle montagne voisine, élèvent notre esprit de la terre au ciel.
Après ces deux écrivains, on ne saurait plus relever, dans la littérature italienne de la Renaissance, de visions aussi personnelles de la nature. Avec des descriptions plus détaillées, le paysage se banalise et s'affadit assez vite : ni l'Arioste, ni le Tasse n'échappent à ce défaut qui a été surtout développé par les auteurs de pastorales. Les promoteurs du genre ont cependant des impressions assez fraîches, comme Sacchetti dans la ballade sur les Montanine (jeunes montagnardes), comme Sannazar lui-même dans Téglogue sur la mort d'Androgée :
D'autres monts, d'autres plaines, d'autres bosquets et ruisseaux tu vois dans le ciel, et de plus nouvelles fleurs... Verra-