Dos Pcriers, Ed. eizévir, I, j
Marguerite de Navarre, la première en France, a peint la mer, et en termes expressifs :
De ceste mer rochers sont combattuz Dont les aucuns je voyois abattuz.
Et dessus tout, je m'esmerveillay fort, Voyant venir les ondes sur le bort, Ronflant, bruyant, et comme une montaigne Ilaulte, et puys il senil^le qu'elle se feigne A l'approcher, ceste mer : sa puissance A son facteur * rendant obéissance *.
En dépit d'un fâcheux penchant à la mièvrerie, Remy Belleau, dans son Ai^ril un peu surfait et dans son May plus pittoresque % renouvelle le vieux thème du printemps. Énergique et vigoureux, au contraire. Agrippa d'Aubigné a une tendance remarquable à personnifier la nature, et une imagination toute mythologique bien curieuse chez un croyant austère : certains paysages du quatrième livre des Tragiques sont saisissants, comme le mythe de rOcéan (235...), la vengeance des éléments (296...), la tristesse de la nature après la Saint-Barthélémy, renouvelée — pure coïncidence sans doute? — de la (Chanson de Roland. Du Bartas a essayé de refaire, après Lucrèce, mais sur le mode chrétien, la grande épopée de la nature : malheureusement il n'a pas le