Voir les deux dedcriptions citées ici p. 78 et p
DALXAT 15
Lisle. Il faut y joindre ceux qui, d'après l'expression citée, voient la nature en blanc et noir : Dante, Leopardi, Victor Hugo. Rien n'est suggestif comme ce « soleil couchant » — un des phénomènes les plus colorés de la nature — où à peine une note rouge (et encore de « rouge sombre ») vient se mêler à la symphonie des noirs et des gris :
Un coin du ciel est brun, l'autre lutte avec l'ombre ; Et déjà, succédant au couchant rouge et sombre, Le crépuscule gris meurt sur les coteaux noirs* .
Les coloristes , très nombreux , comprennent diverses tendances qu'on peut noter sans chercher à établir de distinctions précises. Les uns ont une palette de tons vifs, éclatants, comme Ruskin- ou de Hérédia. D'autres possèdent plus spécialement le sentiment des nuances délicates, tels Bernardin de Saint-Pierre % Chateaubriand, Théophile Gautier*, Verlaine, d'Annunzio^: regardez « le jour bleuâtre et velouté de la lune descendant dans les intervalles des arbres » ou « les premiers reflets du jour glaçant de rose les ailes noires et lustrées » des corbeaux de l'Acropole (Chateaubriand). Il en est qui sont avant tout lumineux : Byron, Leconte de Lisle (suivant la remarque de Brunetière), Mistral et les Provençaux, la plupart des Russes (Gogol, Gontcharov, Tourgue-