‹ Le sentiment de la nature et son expression artistiqueChapitre 126 sur 157 · Ci-dessus, p. 16 cl · texte numérisé non relu

Ci-dessus, p. 16 cl

nev, etc./) — certainement en raison du climat de leurs pays originaires. A l'inverse les écrivains flamands, tel Rodenbach, sont les maîtres du paysage nébuleux; M. Pierre Loti excelle dans les visions de pluie et de nuages -.

Il est à remarquer que certains écrivains contemporains voient les couleurs comme des peintres. Kipling note ainsi dans ses Lettres du Japon (I) : « Il y avait sur les collines entourant Nagasaki un vert retouché de jaune ». Voilà une notation toute picturale singulièrement expressive. Kipling a d'ailleurs une gamme de couleurs très personnelle, presque anormale, quand il voit, par exemple, des îles « pourpre, ambre, grises, vertes, noires » (lettre II) 3.

Tous les écrivains sont à la fois auditifs et visuels dans une certaine mesure, mais l'importance respective des deux groupes de sensations est très variable. Lamartine d'abord, Rousseau ensuite '% sont peut-être les auditifs les plus remarquables de la littérature française, puis Chateaubriand, chez qui on entend gronder, à travers ses périodes sonores, les grandes voix du vent et de la mer. C'est un écrivain dont les impressions visuelles et auditives s'équilibrent, comme chez Hugo, Mistral, Byron, Gabriel d'An-

1. Voir dans la Littérature russe de M. L, Léger, pp. 405-8, 452, 504.

Page 1