La Fontaine et ses fables^ p
3. Voirnolainmcnt // /*/«cere, et les descriptions des genêts en fleurs dans le Trionfo délia morte.
et enrichie : il est impossible de s'objectiver davantage que, par exemple, dans « la fuite du peuple singe à travers la patrie des arbres. »
Seule la science, lorsqu'elle veut être poète, peut aller aussi loin, comme dans les magnifiques études de J.-H. Fabre qui s'efforce, documents en mains, de reconstituer l'état mental d'un scarabée ou les sensations d'une larve de cerambyx cheminant dans le tronc d'un chêne. Les naturalistes se contentent d'ordinaire d'observer et d'enregistrer : car au delà, ce n'est plus de la science, c'est de l'art. Et c'est pourquoi Fabre a acquis droit de cité dans la littérature, après Buffon. Mais Buffon procédait tout autrement : d'après des analogies superficielles de formes ou de gestes, il prêtait gratuitement aux animaux les défauts, les qualités, les mœurs des hommes; à la suite des fabulistes. M. Maeterlinck s'est au contraire efforcé, dans le même esprit que J.-H. Fabre et Kipling, de représenter objectivement la vie des abeilles; on sait avec quel art il y est parvenu. La Fontaine, comme Buffon, a vu les animaux de l'extérieur, — par la silhouette, l'attitude* : il les a dessinés en peintre, et en grand peintre : car le geste, c'est le mouvement, c'est encore la vie.
Les peintres animaliers sont innombrables: nous n'avons pas à les caractériser, mais à rappeler seulement ceux qui ont vu l'animal dans le paysage, en le considérant comme le personnage principal du tableau. Les types les plus significatifs semblent être Paul Potter en Hollande, Rosa Bonheur en France. Le bœuf ou le cheval de labour est surtout