‹ Le sentiment de la nature et son expression artistiqueChapitre 131 sur 157 · Trionfo delta morte, p · texte numérisé non relu

Trionfo delta morte, p

causes dans le monde extérieur, et qui n'a le plus souvent sa raison d'être qu'en elle-même.

Les émotifs doués de mémoire associative projetteront leurs souvenirs individuels sur le paysage : songeons à la célèbre triade romantique du Lac^ de la Tristesse d' Olympia et du Souvenir. Plus intellectuel, plus traditionnaliste et plus imaginatif, ce sentiment conduira à l'évocation de la légende ou de l'histoire devant la naturel

Les peintres comptent aussi leurs historiens, qui se plaisent au passé et qui voient dans le paysage un cadre à une scène vécue. Mais en dehors du sujet — et du rétrospectif — , l'expression, l'exécution suffit à révéler le tempérament subjectif de l'artiste, qui, au lieu de chercher à vivre la vie universelle, s'efforce de plier la nature à ses conceptions ou de lui imposer ses propres sentiments.

Voici d'abord les intellectuels, les rationalistes qui exagèrent les procédés des classiques : prépondérance du dessin, importance de la composition, subordination des détails à l'ensemble. Ils schématisent, simplifient, nous amènent à un paysage symbolique réduit aux lignes maîtresses et aux teintes plates : j'ai nommé Puvis de Ghavannes, extrêmement curieux par la hardiesse de sa synthèse. Un pas de plus, et nous tombons dans la caricature et le paysage mathématique — le cubisme.

A l'opposé, des artistes très sensitifs ont noyé la forme dans la couleur — comme tels impressionnistes, Claude Monet en tête, qui transforme les objets en « fantômes colorés »- — ou au contraire dans

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