Byron, Le Corsaire. — Cf. aussi Mistral, La Reine Jeanne
n, se. ,v.
24o LE SENTIMENT DE LA NATURE
Ce n'est pas une clarté obscure comme dans nos climats du nord : c'est une flamme sans voile, une lumière vivante. Les rayons jaunes qu'il darde sur la mer calmée dorent la verte cime de la vague onduleuse et tremblante.
Voici maintenant les océaniques. Comme les précédents, ceux-ci ont généralement représenté ou décrit la mer sur ses rivages. Pour le peintre, de Ruysdaël à M. Gottet, l'océan est un élément de la « marine », mais celle-ci ne lui semblerait pas complète sans pêcheurs et sans barques, ou tout au moins sans littoral — falaises, rochers, etc. — pour relever le premier plan^ Bernardin de Saint-Pierre, Michelet^, Victor Hugo surtout, n'ont pas agi autrement.
Trois grands écrivains seuls — je parle des grands — ont vraiment senti et dépeint la mer au large, — isolés qu'ils ont été sur elle pendant des semaines et des mois, vivant sa vie, goûtant sa poésie âpre ou fascinante : Camoëns, Chateaubriand, M. Pierre Loti.
Le poète portugais — Alexandre de Humboldt l'a remarqué le premier"* — « est inimitable quand il dépeint l'échange perpétuel qui s'opère entre l'air et la mer, les harmonies qui régnent entre les formes des nuages, leurs transformations successives, et les divers états par lesquels passe la surface de l'Océan »; il décrit la formation des trombes avec un art réaliste et pittoresque. — Chateaubriand est plus poétique, plus sensible aux belles formes de ces « mobiles paysages », plus épris d'idéal et toujours