Mers et montagnes d'Italie^ p
sidérable de lumière d'un bleu blanchâtre qui ne différera guère de la teinte du ciel. Cette lumière noiera complètement la lumière un peu faible réfléchie par les parties de la montagne qui se trouvent dans l'ombre, de sorte qu'en définitive toutes les ombres de la montagne seront représentées par les teintes bleu de ciel plus ou moins pures, lesquelles seront bien plus lumineuses et plus brillantes que ne l'étaient les ombres primitives. Ces masses bleuâtres de formes étranges ne laissent voir aucun des détails de la montagne. D'un autre côté, les parties des montagnes qui reçoivent en plein les rayons du soleil continueront à envoyer de la lumière à l'œil de l'observateur à travers la brume, et leur teinte dominante sera jaune ou orangée ou quelque chose d'approchant. . . En un mot, le contraste entre la lumière et l'ombre se trouvera énormément diminué, de sorte que la luminosité générale de la montagne ne sera guère moindre que celle du ciel lui-même, et que sa couleur sera représentée surtout par des teintes de même origine et de même nature que celles du ciel.
Si nous nous rapprochons de la montagne, ces effets commencent à diminuer peu à peu. Nous voyons apparaître sur les parties éclairées des verts délicats, des gris variés pleins de douceur, et en même temps les ombres perdent leur bleu céleste, s'assoral)rissent et deviennent d'un gris bleuâtre. Plus tard enfin, toutes les parties qui reçoivent les rayons du soleil déploient leurs teintes locales, un peu adoucies toutefois, et la lumière colorée qui vient des ombres commence à se faire sentira
Contrairement à l'opinion courante, si les teintes se dégradent davantage dans les pays brumeux, elles s'altèrent surtout sous les ciels méridionaux, qui donnent aux montagnes lointaines ces aspects violets si caractéristiques.
Tout dépend de l'état de l'atmosphère, constatent les physiciens. « Dès que celle-ci devient brumeuse, la lumière bleue réfléchie passe au gris ; la lumière transmise est moins altérée ^ ».