Condillac, Mably, Stendhal, Emile Augier, etc
3. Comme écrivains moins importants : E. Quinet, Gabriel Vicaire. Ajoutons les Ardennes (Taine).
4. La liste est pourtant longue cl brillante, pour Paris seul, de Villon à François Coppée par Boileau, Molière, La Bruyère, Voltaire, Beaumarchais, Musset, Mérimée, Verlaine, etc. Je ne pense pas qu'on cherche le sentiment de la nature dans les banlieues étiques du bon Coppée ou chez Musset qui a fait du paysage par mode et qui a eu des visions aussi fausses et aussi burlesques que « le cliamp rasé (!) par le toimerre » ou les serments échangés « sur un roc en poussière » (Souvenir).
rélément celtique que les ethnographes et les linguistes déclarent dominant dans l'ouest. Les amoureux de la mer se retrouveront sur les côtes — question de milieu physique : Bernardin de Saint- Pierre, Chateaubriand, M. Pierre Loti. — Pour la peinture, on arriverait à des constatations quelque peu différentes.
En résumé, le facteur de la race ne peut être dégagé que dans un petit nombre de cas. Tout au plus peut-on remarquer, d'après le témoignage des écrivains, que le sentiment de la nature paraît s'être développé dans certaines régions plus tôt que dans d'autres : ainsi il se manifeste en Provence avec le réveil félibréen, et un peu plus tard dans le Massif Central avec E. Pouvillon, Vermenouze, François Fabié,etc. — Les éléments purement sociaux restent les plus importants.
Les conditions plus spécialement sociales sont multiples. Il faut d'abord un minimum de sécurité pour goûter la nature, pour que l'esprit s'oriente du côté de la rêverie : on comprend qu'aux époques de guerres continuelles, comme au début du moyen âge, le milieu n'ait guère été favorable aux spéculations de ce genre. De même, de trop grandes difficultés d'accès et de séjour ont pendant longtemps écarté les voyageurs delà montagne.
C'est surtout un besoin de réaction contre la vie urbaine qui a fait naître le sentiment de la nature.
Celui-ci suppose donc un certain essor de la civilisation. « Si Tamour de la campagne envahit lentement ceux qui y passent leur vie, l'amour pour la campagne de ceux qui n'y vivent pas assez, s'il est moins profond peut-être, a de plus vives apparences ^ » Autrement dit, le paysan aime la campagne, le plus souvent sans s'en douter. Mais très fréquemment aussi le citadin ne la sent pas, comme le remarquait déjà George Sand ^ :
L'homme de loisir n'aime en général pour eux-mêmes, ni les champs, ni les prairies, ni le spectacle de la nature, ni les animaux superbes qui doivent se convertir en pièces d'or pour son usage. L'homme de loisir vient chercher un peu d'air et de santé dans le séjour de la campagne, puis il retourne dépenser dans les grandes villes le fruit du travail de ses vassaux.
De son côté, l'homme du travail est trop accablé, trop malheureux, et trop effrayé de l'avenir, pour jouir de la beauté des campagnes et du charme de la vie rustique. Pour lui aussi les champs dorés, les belles prairies, les animaux superbes représentent des sacs d'écus dont il n'aura qu'une faible part...
Le plus heureux des hommes serait celui qui, possédant la science de son labeur, et travaillant de ses mains, puisant le bien-être et la liberté dans l'exercice de sa force intelligente, aurait le temps de vivre par le cœur et par le cerveau, de comprendre son œuvre et d'aimer celle de Dieu. L'artiste a des jouissances de ce genre dans la contemplation et la reproduction des beautés de la nature.
Je ne crois pas que 1' « accablement » du paysan soit la cause, tout au moins immédiate, pour laquelle il ne sent pas, en général, la nature. La preuve, c'est qu'un tel goût lui vient rarement lorsque lui ou ses