Cf. Taine, La Fontaine et ses fables, p
3. De même après des périodes de guerre ; sous Henri IV, au xvi» siècle en Italie, etc.
26o LE SENTIMENT DE L\ NATURE
distraire : mais les uns et les autres, au contact prolongé de la nature, apprennent à l'aimer pour ellemême, et aussi peut-être en raison du bien-être physique qu'elle leur donne.
Voyons-nous se développer à une époque le goût des villégiatures (et ce ne peut être que dans les périodes de calme), l'amour de la campagne ne tarde pas à faire son apparition. Les Grecs ont à peu près ignoré la maison de plaisance. Les Romains, au contraire, en ont construit de luxueuses dès la fin de la République, et plus encore lorsque l'Empire eut assuré la paix : et voici que Lucrèce d'abord, puis Gicéron, enfin surtout Virgile, Horace et les élégiaques disent les charmes des paysages. Même phénomène lors de la Renaissance italienne. Au xvi^ siècle, les rois de France vivent dans des châteaux ruraux : c'est l'époque de Ronsard. Sous Louis XIV, la Cour retourne à Versailles : mais on ne conçoit plus que le jardin à la française, c'est-àdire la nature asservie aux lois de la raison et de l'équerre, pour être « embellie ». Gependant le bourgeois commence à avoir sa maison des champs; le goût se généralise au xviii® siècle, préparant ainsi le réveil du sentiment de la nature ^ Le jardin anglais plus « paysager», succède aux parcs de Le Nôtre. La vie urbaine et mondaine appelle elle-même son correctif et sa réaction.
Les Romains ont aussi organisé les premières stations balnéaires. On continua quelque peu, au moyen âge, à aller aux eaux, mais la mode fut surtout remise en honneur aux xvi* et xvii® siècles. Ces localités, si-