‹ Le sentiment de la nature et son expression artistiqueChapitre 150 sur 157 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

L'amour de la nature doit être examiné, en fin de compte, dans ses rapports avec l'individu : ce sera la conclusion de cette étude.

On a soutenu que ce sentiment résulte généralement d'un désaccord entre l'homme et la société, et qu'on chérit volontiers la nature parce qu'on n'aime pas ses semblables :

La nature a toute une clientèle d'hommes mécontents de la société. Ils aiment les champs comme d'autres aiment les bêtes, faute de pouvoir aimer les hommes ou d'en être assez aimés. Elle a aussi ses amis qui l'aiment pour elle-même et non contre quelque autre réalité. Seulement ce sont généralement ceux que leur sauvagerie naturelle, le goût de l'indépendance relative, la fatigue de l'âge suffit, avec l'attrait des joies spéciales à la nature, à détourner de la vie urbaine, sans qu'ils aient peut-être souffert beaucoup de ses excès et de ses défauts. Ils ne se sont guère adaptés à la vie actuelle dans les grandes agglomérations d'hommes... Ils s'en sont spontanément et préventivementdétoumés, peut-être même sans la bien connaître et la bien comprendre... Mais dans tous les cas, ce que l'on constate, c'est bien un défaut, une discordance dans les rapports de l'individu et de son milieu, et, spécialement, de son milieu social ' .

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