‹ Le sentiment de la nature et son expression artistiqueChapitre 151 sur 157 · Fr, PaulhaD, L'esthétique du paysage, pp · texte numérisé non relu

Fr, PaulhaD, L'esthétique du paysage, pp

Cette page est d'une observation psychologique très fine, mais il nous semble qu'elle ne s'applique qu'à un petit nombre de cas. Sinon, comment expliquer que l'amour de la campagne gagne un nombre toujours plus grand de citadins? En réalité, si un tel sentiment dénote bien une réaction contre le milieu social ordinaire, il s'agit d'une réaction momentanée et normale. Le besoin de la nature cadre d'autant mieux avec la vie urbaine qu'il la complète, en permettante l'individu d'équilibrer plus rationnellement son existence. Au physique comme au moral, il est nécessaire que l'homme rompe avec ses soucis et ses habitudes pour reprendre périodiquement contact avec le monde extérieur. Combien d'entre nous souffriraient également d'habiter toujours la campagne ou de ne jamais quitter la ville? Cette soif de la nature a été ressentie de tout temps par des hommes très sociaux, tels que Victor Hugo ou Lamartine, qui se mêlaient avec passion à la vie et aux agitations de leur temps jusqu'à la politique inclusivement. N'estce point Lamartine qui a noté chez lui (Préface des Méditations) l'alternance des périodes d'action et de rêve, en observant que celles-ci avaient tenu dans sa vie moins de place que celles-là?

Il faut ajouter que, de plus en plus, l'existence moderne a besoin de variété, au fur et à mesure que le travail se spécialise davantage : sinon, sans un effort de réaction^ pour réaliser l'homme complet chez chacun de nous, on arriverait à l'abrutissement professionnel, dénoncé par l'économiste Lemontey^

1. Réaction qui s'affirme également par le développement des sports, des sociétés artistiques d'amateurs, etc.

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