‹ Le sentiment de la nature et son expression artistiqueChapitre 21 sur 157 · Ci-dessous, p. 113 et suiv. et p · texte numérisé non relu

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moral suscitées par les spectacles de la nature. La vue d'un simple accident — et à plus forte raison d'un cataclysme — produit sur nous une impression pénible, voire douloureuse, qu'il s'agisse de la foudre qui frappe un arbre ou de l'inondation qui le déracine, voire de la maladie qui le fait dépérir, — a fortiori^ d'un fleuve de lave brûlant toute végétation et, comme sur les pentes de l'Etna, tordant et disloquant les châtaigniers carbonisés. M. Paulhan a bien dégagé la cause première de ces impressions :

A mon avis, ce qui importe, c'est le fait même de l'organisation ou de la désorganisation, de l'accord ou de la lutte, de la vie et de la mort, de la prospérité et du déclin ^

Le passage d'Auguste Angellier cité à l'appui par le même auteur précise la question ;

Un paysage où toutes les plantes périssent et jaunissent, où les arbres soulfrent, où toute vie est chétive, exténuée et malingre, est triste en soi sans qu'il soit besoin qu'un homme vienne y gémir. Un autre où tout est robuste et exubérant de sève, est un centre d'existences heureuses; il est gai comme une maison où tous se portent bien.

il convient toutefois d'approfondir cette idée et de ne pas nous laisser prendre aux apparences. Ce n'est point tant la vie dans la nature, d'une part, le dépérissement et la mort, de l'autre, qui nous donnent une impression là de joie, ici de tristesse : c'est avant tout l'idée que nous nous en faisons, la réaction que nous avons éprouvée. Vie et mort sont mêlées intimement dans le monde; l'une naît de l'autre et vice-versa : le savant serait généralement fort embarrassé de proclamer dans quel cas les forces de désor-

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