‹ Le sentiment de la nature et son expression artistiqueChapitre 29 sur 157 · Génie du christianisme^ liv. V, cli. ni · texte numérisé non relu

Génie du christianisme^ liv. V, cli. ni

après comme avant la Révolution, tant de vestiges remarquables des époques anciennes?

Le goût des ruines reste propre à une élite, de jour en jour plus nombreuse, et c'est encore l'évocation du passé qui reste ici le sentiment dominant : rapprochons à un siècle de distance, et dans des littératures d'un esprit tout différent, l'élégie sur les ruines d'un ancien château, du poète allemand Matthisson, et les livres si suggestifs de M. Pierre Loti, Un pèlerin d'Angkor^ La mort de Philœ. Même une petite maison abandonnée peut avoir sa poésie comme un puissant château-fort* : il suffit que l'homme ait passé.

Il faut enfin mettre en relief les conditions — variables suivant les cas et les conditions — dans lesquelles on voit la nature, sans oublier la diversité des tempéraments avec ses correctifs : l'éducation et l'accoutumance.

Comment notre état d'esprit momentané n'influerait-il pas sur notre vision des choses, surtout au ; premier contact ? Joyeuse, triste ou maussade, notre j humeur déteint plus ou moins sur le paysage. Cette • première impression est sans doute susceptible de s'efl*acer, mais seulement à la longue. Les conditions objectives elles-mêmes doivent être rappelées ici en raison des réactions éventuelles : combien ont emporté un souvenir désagréable d'une ville ou d'une contrée visitée sous la pluie? De tels faits sont bien

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