‹ Le sentiment de la nature et son expression artistiqueChapitre 32 sur 157 · Confessions, parlic I, livre IV · texte numérisé non relu

Confessions, parlic I, livre IV

3. Voir notamment le Hciselied d'Ëichendur(f cl le Wanderlied de Rûckert,

6o LE SENTIMENT DE LA NATURE

Vite! hardi! vite dans les clairs rayons du soleil. Qu'il fait bon sur la montagne! qu'il fait bon dans la vallée profonde ! Les sources tintent, tous les arbres frémissent. Mon cœur est comme une alouette et il chante à l'unisson.

Et le soir, dans la petite ville, j'arrive altéré : « Monsieur l'hôtelier! Monsieur l'hôtelier! Une pinte de vin blanc! Prends le crincrin, toi, gai musicien : je chanterai avec toi le plus beau de mes chants.

Et si je ne trouve aucune auberge, je me coucherai bien, la nuit, sous le ciel bleu; les étoiles font sentinelle; agité par le vent, le tilleul m'endort par son doux frémissement; le baiser de l'aurore de bon matin me réveille.

O voyage, o voyage, toi libre joie du jeune homme, par qui une haleine divine souffle si fraîche dans la poitrine, par qui le cœur chante et pousse des cris de joie vers la tente du ciel! Combien tu es donc beau, ô toi, vaste, vaste monde!

Il est incontestable que les sports, principalement depuis un quart de siècle, ont renouvelé notre manière de voir et de sentir la naturel Tels payages ne peuvent être pleinement goûtés que par des hommes d'action : il faut avoir lutté contre la mer ou contre la montagne pour sentir la puissance des forces avec lesquelles on s'est mesuré. Un écrivain italien ^ a mis récemment en lumière dans un article fort curieux cet aspect si nouveau — surtout chez ses compatriotes — de l'amour de la nature, « qui consiste plus dans l'action immédiate que dans le sentiment » :

Désormais l'homme, remontant de la plaine, amour du XV 11^ siècle, et des monts boisés, amour des romantiques, vers les glaciers et vers les aiguilles alpestres, consentant à lutter avec la nature, non plus ennemie, ni compagne, ni fée, ni mystère, mais antagoniste, a rallumé en lui-môme ce sens

1. Cf. Georges Casella, Les Sports et l'Avenir [Les sports de voyage).

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