Roméo et Juliette, acte III, scène t
taches que vivent leurs sucs odorants. Il faut que j'aille recueillir ici quelques gouttes de rosée et que je suspende une perle sur la tige de chaque primevère K
On peut citer encore Andersen (par exemple La Pâquerette) et tel conte d'Alphonse Daudet, comme La Chèvre de M. Séguin :
Quand la chèvre blanche arriva dans la montagne, ce fut un ravissement général. Jamais les vieux sapins n'avaient rien vu d'aussi joli. On la reçut comme une petite reine. Les châtaigniers se baissaient jusqu'à terre pour la caresser du bout de leurs branches. Les genêts d'or s'ouvraient sur son passage et sentaient bon tant qu'ils pouvaient. Toute la montagne lui fit fête.
Ce qui est surtout un procédé artistique chez Daudet apparaît bien plutôt comme un sentiment profond et instinctif chez Mistral : voyez entre autres « l'air limpide, le gazon et les vieux saules étonnés de plaisir » lorsque Vincent a déclaré son amour à Mireille. Fait d'autant plus remarquable que Mistral est profondément chrétien : mais il ne voit pas Dieu dans la nature. — Certains peintres personnifient presque l'arbre ou le rocher, principal personnage de leur tableau.
La seconde étape est celle de la mythologie, qui s'est épanouie spécialement dans la civilisation grécolatine. Elle n'a poussé aucune racine dans nos contrées, où elle n'a donné lieu qu'à des imitations littéraires. Chateaubriand, qui a définitivement ruiné ce procédé, artificiel chez nous, s'est attaché à démontrer que la mythologie rapetisse la naturel Nous