Trionfo délia morte, p
lions précédentes cette page de M. Pierre Loti, qui fait mouvoir devant nos yeux la vie des eaux et de l'atmosphère marine :
Une légère brise qui s'était levée, piquante à respirer, commençait à marbrer par endroits la surface des eaux mortes ; elle traçait sur le luisant miroir des dessins d'un bleu vert, qui s'allongeaient en traînées, s'étendaient comme des éventails, ou se ramifiaient en forme de madrépores; cela se faisait très vite avec un bruissement, c'était comme un signe de réveil présageant la fin de cette torpeur immense. Et le ciel, débarrassé de son voile, devenait clair; les vapeurs, retombées sur l'horizon, s'y tassaient en amoncellements de ouates grises, formant comme des murailles molles autour de la mer. Les deux glaces sans fin entre lesquelles les pêcheurs étaient — celle d'en haut et celle d'en bas — reprenaient leur transparence profonde comme si l'on eût essuyé les buées qui les avaient ternies*.
Quelles impressions nous donne la mer?
Elle produit d'abord sur notre organisme des réactions plus vigoureuses que la campagne. L'air salin, volontiers venteux, est à la fois tonique et calmant pour la majorité des individus ; les sensations de bienêtre et de détente sont ici accentuées. Toutefois, sur certains tempéraments nerveux, et spécialement neurasthéniques, leffet est irritant et se traduit parfois, à l'extrême, par des crises de mauvaise humeur, voire de larmes.
Les données visuelles sont très caractéristiques. La dominante des tons oscille du bleu-vert au gris verdâtre ou plombé, dans une gamme essentiellement reposante. On peut en dire autant des facteurs audi-