LA MONTAGNE
On peut goûter à la fois la mer et la montagne : on ne les aime pas Tune et l'autre d'un égal amour. Ces deux formes du sentiment de la nature, à partir d'un certain degré, s'excluent presque fatalement. On ne peut concevoir en effet un contraste plus absolu entre les deux catégories de paysages.
La montagne est plus complexe que la mer, plus longue à pénétrer et à sentir. Suivant les régions, les vallées, les altitudes, sa diversité est sensiblement supérieure. Dans nos contrées, le type le plus complet nous est fourni par les Alpes, qui présentent, à une seule exception près*, tous les aspects de la montagne : les Pyrénées elles-mêmes manquent de grands lacs, de glaciers encaissés (ou à couloirs) et ne drapent pas leurs fronts dans d'immenses suaires neigeux.
La montagne, en raison de l'altitude, a deux zones principales, auxquelles correspondent deux séries de paysages foncièrement différents : ^elle de la végétation et des habitations, celle des rochers arides et des neiges éternelles, — entre lesquelles les al-