‹ Le sentiment de la nature et son expression artistiqueChapitre 73 sur 157 · Dans ce sens, Rodin, L'art, pp · texte numérisé non relu

Dans ce sens, Rodin, L'art, pp

l48 LE SENTIMENT DE LA NATURE

OU leur costume, suscitent l'idée d'un bruit (qu'on écoute), des fleurs (que l'on sent), du froid, de la chaleur, etc. Mais on peut évoquer les mêmes sensations avec les seuls éléments du paysage : le tonnerre par l'éclair, le bruit de la vague par l'image de la lame qui se brise, le frimas, Thumidité, etc., par les formes et couleurs des arbres, du sol et du ciel.

L'aspect visuel lui-même de la nature n'est pas rendu avec fidélité. Il est reproduit sur un plan *, comme les objets se peignant sur notre rétine; mais les différences sont sensibles. On sait que la superposition des deux images perçues par chacun des deux yeux donne la sensation du relief : c'est le principe du stéréoscope. La peinture ne pouvait pas entrer dans cette voie : il est remarquable cependant qu'en dehors de la perspective elle cherche à nous suggérer le relief en exagérant la dégradation des tons dans les lointains.

La perspective à son tour est parfois déformée en vue de produire certains effets : on en a donné des exemples^. Mais on oublie en général de faire remarquer que les règles de la perspective picturale sont des approximations, relativement exactes dans la majorité des cas, mais nettement fausses dans d'autres. Ainsi le parallélisme des verticales ne se vérifie qu'à grande dislance : rapprochez -vous d'une tour cylindrique ou prismatique, et vous verrez

1. Encore n'est-ce pas rigoureusement exact pour la peinture à l'huile, spécialement pour la peinture « en pleine pâte », « au couteau », par laquelle certains artistes ont cherché précisément à donner le relief.

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