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LES CONDITIONS DE l'eXPRESSION ARTISTIQUE l49

les verticales « fuir » vers le faîte *. De même, au sommet d'une haute montagne, l'horizon n'est pas au niveau de l'œil, mais fort au-dessous. Cependant un peintre qui figurerait une tour en trapèze ^ — en donnant l'équivalent exact de notre vision — provoquerait des protestations générales, tant les conventions picturales sont ancrées en nous au point de devenir de secondes illusions d'optique.

La convention n'existe pas moins dans le coloris. Certaines couleurs peuvent être rendues avec assez d'exactitude, mais il est impossible au peintre de reproduire la lumière solaire, ou même la lumière lunaire. Helmholtz a montré ^ par quels procédés les peintres suppléaient à l'insuffisance de leurs moyens techniques.

Toutes ces conventions, loin de nuire à l'exécution, ne font que mettre en valeur le talent de l'artiste, qui apprend ainsi l'art de suggérer et d'évoquer les sensations.

Nous touchons à un problème capital : la composition du tableau. Ici les conventions risquent souvent de devenir trop rigoureuses, et le peintre aurait tort d'en être esclave.

1. Une figure géométrique très simple suffit à montrer que Tangle visuel sous lequel l'observateur voit la largeur du sommet d'une tour est plus petit que celui sous lequel il voit la largeur de la base (supposée égale).

2. Un peintre toscan, qui a exposé au Salon d^Automne de 1913, M. Giorgio di Chirico, a essayé de rendre cette « fuite » des verticales dans les monuments.

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