‹ Le sentiment de la nature et son expression artistiqueChapitre 84 sur 157 · Crépuscule · texte numérisé non relu

Crépuscule

l68 LE SENTIMENT DE LA NATURE

Voici maintenant la comparaison, et son raccourci la métaphore. Le sentiment de la nature, chez les écrivains, ne s'exprime pas toujours et uniquement par la description : il peut jaillir au coin d'une phrase par une épithète expressive, plus souvent par une métaphore, une comparaison imagée ou émue. Deux écueils guettent ici la littérature : d'un côté, la recherche — toute bonne métaphore doit paraître naturelle et s'offrir spontanément à l'esprit — ; de l'autre le cliché, car rien ne s'use aussi vite que la comparaison, qui perd rapidement son pouvoir évocateur ou tombe dans la banalité.

A notre point de vue la comparaison se présente sous deux faces, suivant que le paysage en fournit le second ou le premier terme.

Êtres animés ou choses abstraites peuvent éveiller en nous une vision de la nature. Cette association est moins fréquente que la suivante. La forme la plus simple est un rapprochement entre objets concrets suscitant une image analogue :

Et les rouges lanciers fourmillant dans les piques Gomme des fleurs de pourpre en l'épaisseur des blés ^

L'homme ou tel de ses actes est comparé à un aspect du monde extérieur. Il y a déjà plus de recherche dans ce procédé : ainsi Mistral met en parallèle la parole de Vincent avec une ondée qui

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