‹ Le sentiment de la nature et son expression artistiqueChapitre 85 sur 157 · Victor Hugo, Napoléon IT · texte numérisé non relu

Victor Hugo, Napoléon IT

coule sur le regain \ Stolberg le jeune homme avec le torrent % et Gœthe l'image disparue de la bienaimée avec celle du soleil couchant ^. Enfin une idée abstraite est parfois associée à tel spectacle du monde, comme dans ces beaux vers de Gœthe :

Et les belles actions avenir se pressaient comme les étoiles, autour de nous, innombrables dans la nuit*.

Le procédé inverse est le plus répandu : c'est celui qui trouve normalement place dans la description et plus encore dans le bref croquis d'un paysage. Un spectacle de la nature est comparé à un objet ou à un être animé qui éveille une image plus vive ou plus précise.

Le rapprochement avec les êtres vivants exprimait jadis la personnification des forces naturelles : c'est le dernier écho de cette ancienne conception. Les poètes populaires, les écrivains impulsifs, sensitifs, visuels, en offrent les plus nombreux exemples. Sans remonter jusqu'à Homère, chez qui il est souvent difficile de déterminer où finit la mythologie et où commence la métaphore. Mistral abonde en images de ce genre : ici le soleil traîne sur le golfe sa robe de sang^; ailleurs l'astre est comparé à un lion ^; là c'est le Rhône qui « mange les graviers » '. Le félibre Vermenouze montre la foudre frappant le

Page 1