Op. cit., pp
de la nature. Il est surtout vrai que, dans l'antiquité, chaque religion indigène reflète l'esprit de la race bien plus encore qu'elle n'a réagi sur lui.
On ne trouve pas de paysages dans la poésie persane, pas plus que chez les écrivains arabes. L'amour de la nature se réduit surtout à l'amour des fleurs et des animaux, qui s'accentuait déjà dans l'histoire de la littérature hindoue. Faut-il s'en étonner dans des pays désertiques,venteux,brûléset glacés tour à tour? La poésie des fleurs, surtout des roses, n'a jamais mieux été sentie que dans le Shah-Nameh^ par exemple, sans doute par réaction contre l'aridité de la contrée ambiante : là encore, Victor de Laprade s'est montré trop sévère *. De même pour la poésie arabe, où, à côté des descriptions du cheval (encore à demi sauvage), il faut bien faire entrer aussi en ligne de compte, comme chez les Hébreux, les métaphores et les comparaisons qui révèlent parfois certaines visions, brèves mais intenses, du monde extérieur -.
Entre l'Inde et la Grèce antiques, l'opposition est complète. Là l'enthousiasme d'un lyrisme exubérant auquel la nature prête la vivacité de ses couleurs les plus violentes ; ici, la sobriété d'une littérature, narrative et didactique presque dès le début, qui ne