‹ Le sentiment de la nature et son expression artistiqueChapitre 93 sur 157 · Iphigénie à Aulis, v · texte numérisé non relu

Iphigénie à Aulis, v

chefs-d'œuvre et en qualités pour qu'on n'aille point chercher chez elle, par surcroît, ce qu'elle ne possède point.

Quelques jugements de^VictordeLaprade méritent d'être reproduits, celui-ci par exemple relatif aux descriptions chez les Grecs :

Elles se distinguent par la brièveté, par la netteté du dessin; partout des contours arrêtés et harmonieux ; jamais de vague et d'indécision sur un seul de leurs plans ; mais rarement aussi des perspectives lointaines, de vastes horizons. D'ailleurs tout y est pur, d'une couleur douce et d'un relief modéré; c'est une nature un peu éclectique, choisie et dessinée à souhait pour le plaisir des yeux ^

Ces descriptions sont, en réalité, des énumérations groupées avec art, mais sans le détail saillant qui donne le relief, sans sensation ni émotion personnelle. Encore sont-elles rares. « Partout le paysage disparaît derrière une scène de la vie sociale* ». Formule très juste que Victor de Laprade applique ainsi à Théocrite, après Homère :

Le site est au second plan dans cette peinture comme dans presque toutes les descriptions antiques ' .

Dans les scènes rustiques des Églogues, comme dans les vendanges de Daphnis et Chloé^ la nature n'apparaît pas.

Le point de vue utilitaire est particulièrement remarquable dans V Odyssée : ainsi au chant IX, en parlant de l'île voisine du pays des Gyclopes, le poète ne •onge guère à dts beautés naturelles qu'il nt soupçonna

\. Op. cit., p. 332.

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