‹ Le sentiment de la nature et son expression artistiqueChapitre 95 sur 157 · Par exemple Orf/«5^e, chant V · texte numérisé non relu

Par exemple Orf/«5^e, chant V

aux dieux marins : Athênê au visage glauque, Poséidon à la chevelure bleu sombre (xyavo/^arta), etc.

Il y a plus et mieux dans le début du célèbre monologue de Prométhée :

O divin éther ! ô souffle ailé des vents ! sources des fleuves 1 rides innombrables de la face des ondes! terre, mère de tous les êtres ! et toi, soleil, dont les regards embrassent la nature ! voyez quel traitement un Dieu éprouve de la part des Dieux ^

C'est presque le souffle mythique de la grande poésie hindoue : mais ici l'écrivain s'arrête et passe à un autre développement, comme s'il craignait de ne pas être suivi par son public. De même chez Euripide, où l'émotion du souvenir du pays natal, dans Iphigénie en Tauride (v. 356-7) tourne court.

Ces velléités prouvent au moins qu'en Grèce comme ailleurs, certains esprits étaient mieux disposés à goûter la nature que leurs contemporains. Il suffit d'opposer l'indigence d'un Hérodote, conteur charmant, mais type de l'utilitaire, à la fougue enthousiaste d'un Pindare, qui est peut-être l'écrivain grec classique le plus sensible aux beautés du monde extérieur.

La lumière étincelante du soleil, dit M, A. Croiset'', les tempêtes de l'air et celles des eaux, la vie charmante et variée des plantes, tour à tour semées, arrosées, grandissantes, puis couvertes de fleurs et de fruits, celle des animaux avec leur souplesse et leur force .., tous les spectacles, en un mot, qui peuvent se réfléchir dans l'œil d'un Grec remplissent l'imagination de Pindare... La mer puissante aux vagues écumeuses; les hautes montagnes aux cimes blanches et glacées, aux vallées pleines d'ombre et de forêts; les champs avec la belle régularité des lois divines qui gouvernent leur culture; la

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