Sixième Olympique, v
l84 LE SENTIMENT DE LA NATURE
tillez sous le feuillage diilierre ;et vous qui, sur les montages, becquetez le fruit de l'olivier sauvage et de l'arbousier... vous aussi qui, dans les vallées marécageuses, vous nourrissez des cousins à la trompe aiguë ; et vous qui habitez les riantes prairies de Marathon tout humides de rosée ; et toi, francolin aux ailes diaprées ; et vous tous, oiseaux qui volez avec les alcyons au-dessus des vagues de la mer *.
Chez les Alexandrins et à l'époque romaine, le sentiment de la nature semble se développer un peu, quoique les manifestations ne soient pas encore nombreuses. La plus caractéristique est peut-être la petite pièce où Moschos dit, en termes simples, son amour pour « la mer d'azur mollement caressée par la brise », tandis que les vagues démontées l'effraient et l'éloignent du rivage, en lui faisant rechercher l'ombre des bosquets : sentiments bien grecs et qui n'ont guère varié, sinon dans l'expression, depuis Homè^e^
Inférieurs sans conteste aux Grecs par l'ensemble de leur littérature, incomparablement moins bien doués au point de vue artistique, les Romains ont été cependant plus épris des beautés du paysage, peut-être pour avoir été au début plus foncièrement agriculteurs et non commerçants. Question de race, sans aucun doute, plus que de temps ou de civilisation. Et la vie sociale, la peinture ne parlent pas moins éloquemment que la poésie. Ce sont les Romains qui