LE SENTIMENT RELIGIEUX
questions de vie matérielle, les atroces interrogations morales et sociales de toutes les heures... Espoir béni !
— Mais non, il faut vivre en homme !
Et c'est une nécessité heureuse, car où ne tomberions-nous pas si nous pouvions ainsi nous anni hiler ?
La solution n'est-elle pas ici aussi entre les deux extrêmes r Nous avons dit autre part combien réalise mieux sa destinée d homme celui qui sait se détourner le plus possible de la vie factice des salons pour se retremper et recouvrer une âme neuve et vierge auprès de l'âme universelle qui se communique à la nôtre et qui est, elle, éternellement neuve et vierge.
Et nous ne nous plaindrons plus de trop penser. C'est un privilège. Tant d'autres ne pensent point du tout !
Cependant, beaucoup d'âmes généreuses vont trop loin : Dans leur ardeur pour ressusciter le paganisme idéal, pour se refaire une mentalité antique épiise de vie universelle, elles méconnaissent toute l'ardeur mystique, tout le passé d'art que le Christianisme a véritablement inspiré. Et surtout elles n'ont pas vu qu'il suffisait de dégager la religion chrétienne de toutes les superfélations légendaires pour revenir au Christ vivant qui a compiis et aimé la Nature.
Ah, qui sera le Prophète, le Sage, le Pur qui réunira et condenseia l'amour inlassé des antiques races, avec l'affection tendre de Jésus, qui verra
que tout se tient, s'harmonise et se relie, et sèmera à pleines mains la bonne parole qui purifie et grandit. l'Evangile nouveau de grâce et de fervent sacrifice envers Celle qui est bonne et belle aujourd'hui comme hier et éternellement. . .
De nos jours, plus que jamais, le cri: Une religion nouvelle ! Une religion nouvelle ! s'est fait en tendre douloureux, poignant. Ni les certitudes d'une science trop utilitaire, ni les profondes et tristes pensées d'un JMceterlink sur la sagesse et le bonheur de notre destinée n'ont étouffé notre aspiration ardente . .
Les religions positives sont mortes d'avoir été trop affirmatives et anthropomorphiques, les religions de la Beauté et de l'Idéal meurent de ne l'être pas assez.
En réalité, qu'y a-t-il en présence r L'Hom.me, terme connu, qui aspire à connaître et à aimer Dieu, terme inconnu. (Une fois connu. Dieu ferait tout connaître.) C'est pourquoi toutes les religions ont eu recours à un Révélateur ou Sauveur envoyé par Dieu pour se faire connaître par l'homme et provoquer une réconciliation entre eux.
Ceci étant donné, quelle sera, problémaliquement parlant, la religion de demain ?
\'oici peut-être ce qu'elle nous offrira : Ecartant résolument les conceptions trinitaires et dualistes.