‹ Le sentiment de la natureChapitre 37 sur 52 · L ARTISTE · texte numérisé non relu

L ARTISTE

que des occasions toujours renaissantes d'aimer chaque jour davantage et d'une façon plus consciente.

Ah ! le suprême amour, celui qui transportera le peintre ou l'écrivain de l'espoir surhumain de créer une œuvre belle ! Quelles secrètes paroles et quels magiques conseils lui susurrera l'Aimée lorsqu'il viendra près d'elle s'asseoir et reposer au contact de sa fraîcheur, son front brûlant ! Et comme il y aura alors communion plus haute et efficace entre l'àmé de l'homme et celle de l'éternelle Déesse.

Nous voici donc au but. Nous avons examiné rapidement les mentalités diverses afin d'y découvrir les traces de l'amour pour la nature.

L"homme religieux, la femme, l'amant, l'artiste, voilà ceux en qui s'est trouvé le plus vivace sentiment de la Beauté naturelle.

Et certes, chacun aime à sa façon, selon son caractère, son éducation, son tempérament, sa race, et en toute conscience, nous pouvons dire qu'il n'y a peut-être pas deux âmes qui soient susceptibles d'être touchées de la même manière et au même degré par la grâce immortelle qui découle de l'Univers vivant. Il n'y en a peut-être aucune qui ne puisse être ainsi touchée plus ou moins, à une heure ou une autre de son existence sentimentale; il lui faudra peut-être les luxuriances d'une campagne exotique, les fleurs-monstres ou les mi-

rages du désert, les assises de l'Himalaya ou le coucher du soleil sur les Alpes... Mais, souhaitons-le, il y aura possibilité pour quiconque — quelle que soit la brièveté ou la fragilité de sa vie intérieure — de goûter à la grande joie et de participer, par une minute d'amour vrai, à la vie supérieure qui estcellede l'Idéal.

TROlSIÈnE PARTIE

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