I.A POESIE ANOLÀISE
« Voilà re qui m’absorbe, voilà quelle est ma vie; je considère le désert peuplé que j'ai laissé derrière moi comme un lieu d'àgonie et de tourments, un exil de douleur où pour quelques péchés j’avais été condamné à agir et à souffrir; je remonte enfin et je prends un nouvel essor; je sens que nies ailes, jeunes encore, mais déjà vigoureuses, sont capables de lutter contre les vents qu'elles doivent rendre, méprisant les liens d’argile qui retiennent notre être captif.
« Et lorsque enfin l'esprit, affranchi de tont ce qu’il abhorre sous cette enveloppe dégradée, dépouillé de sa \ ie charnelle, — sauf cette portion plus heureuse qui revivra dans les mouches et les vers, — lorsque les éléments se réuniront aux éléments semblables, et que la poussière ne sera pins que poussière, n'è verrai -je pas, alors, d’une manière plus intime, tout ce qui aujourd’hui éblouit ma vie, la pensée incorporelle, le génie de chaque lien, dont maintenant mêtffc je partage quelquefois les immortels attributs?
« Les montagnes, les flots, le firmament , dès choses ne font-elles pas partie de moi cl de mon âme comme moi d’elles? Mon cœur ne les aime-t-il pas d’une passion pure et profonde? Ne inêpriSé-je pas tout autre objet comparé à Ceux-là? Et h’cndurcrais-je phs mille tourments plutôt que d’échanger de tels sentiments contré Ja dure et mondaine indifférence de ces hommes 'dont les regards sont attachés à la terre et dont la pensée redoute le grand jour. » (C/iild- Harold.)
Jamais la mélancolie de Rousseau et sa misanthropie d’homme déclassé, h’oril trouvé d’accents aussi fiers, aussi enthousiastes, aussi religieux. Le citoyen de Oenéve a aimé la campagne plus que là nathre; il a, comme