‹ Le Sentiment de la NatureChapitre 43 sur 92 · LES PAYSAGES ET LA MYTHOLOGIE DE LOIID BYRO.N · texte numérisé non relu

LES PAYSAGES ET LA MYTHOLOGIE DE LOIID BYRO.N

un bourgeois de sa ville, rêvé d’un jardin avec une maison blanche aux volets verts, pour y écraser de sa vertu, de sa simplicité, de sa sagesse, le faste et la corruption des châteaux de Normandie et de l'Ile-de-France. Il a aimé et compris les champs à la manière d un vigneron du canton de Yaud, imbu de quelque philosophie. Jamais il ne s’est élancé vers la nature avec cette fougue de poésie et de religion qui pousse lord Ryron vers les solitudes, moins encore pour y fuir les hommes que pour s’y posséder lui-mèmc et pour y découvrir, pour y adorer le grand inconnu divin.

« S’asseoir au sommet des rocs, rêver sur les flots au bord des abîmes, parcourir lentement la solitude ombreuse des forêts où vivent des êtres étrangers à la domination de l’homme, et où il n’a jamais, ou que rarement, laissé l’empreinte de ses pas; gravir inaperçu le mont inaccessible avec des troupeaux sauvages qui n ont pas besoin de bercail ; seul, se courber au-dessus des précipices et des cataractes écuraanles; ce n'est pas là vivre dans la solitude, c’est converser avec la nature, c’est voir se dérouler devant soi scs charmes et scs trésors...

« Il est un charme au sein des bois solitaires, un ravissement sur le rivage désert, une société loin des importuns, au bord de la mer profonde, et le mugissement des vagues a sa mélodie. Je n'en aime pas moins l'homme, mais j’en aime davantage la nature, après ces entrevues avec elle. Je m’y dépouille de tout ce que je suis, de tout ce que j’ai été, pour me confondre avec l’univers; ce que j'éprouve alors, je ne pourrai jamais l'exprimer et toutefois je ne puis le taire entièrement. »

Pour Byron, en effet, et pour tous les poètes qui ont le vrai sentiment de la nature, vivre avec elle ce n'est

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