‹ Le Sentiment de la NatureChapitre 81 sur 92 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

QUE PAUT-II. ENTENDRE PAR J.'lDÉAI. QUAND ON nAPPROCUE CE MOT DU MOT NATURE. — CONCLUSION

Comment est-il donné à l'homme de s’affranchir de la nature, de faire acte de suprématie vis-à-vis d'elle? C'est l'objet de la morale proprement dite de le lui enseigner; la religion seule lui fournit les moyens de l'accomplir. Dans l’ordre qui nous occupe, celui de la poésie et des arts, comment l'esprit humain se montrera-t-il vraiment libre et créateur, usant de la nature à son gré, lui faisant sa part légitime, mais se réservant l’action royale et souveraine? c'est en se soumettant lui-méme au monde surnaturel et divin, en donnant pour mission aux arts d’exprimer le monde invisible, et, pour tout dire d'un mot, en subordonnant la réalité à l'idéal.

Nous avons déjà essayé de définir les diverses acceptions légitimes de ce terme d'idéal, achevons d'écarter tout ce qui reste de vague autour de lui ; fixons nettement ce qu'il faut entendre par idéal, quand il s’agit des beaux-arts et qu'on associe cette expression au sentiment de la nature. On est toujours forcé, pour s'entendre sur l’idéal, de remonter jusqu'à la théorie platonicienne. Si cette doctrine éclairée , complétée par le

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