QUE FAUT-IL ENTENDRE PAR L'IDÉAL. SIS
question de l'idéal. Tâchons d'échapper au vague, aux obscurités où le positivisme et la critique moderne se plongent à l’aide de ce mot; il faut arriver à déterminer l’idéal; il faut sortira sa suite des limbes de la nature physique, le contempler dans sa haute incarnation après l’avoir aperçu sous les formes diverses que revêt sa parole dans le monde extérieur. Chercher l’idéal dans la nature, c’est rattacher ses beautés diverses aux idées providentielles dont elles émanent, c’est manifester leurs rapports avec les éternelles conceptions de la sagesse et de la bonté divines, c’est s'élever à l’occasion de chacune de ses beautés jusqu’aux lois de l'ordre invisible et du monde moral. La beauté de chaque objet matériel a sa raison d'être dans l’idée qu'il exprime ; une certaine part de l’intelligence suprême se révèle à nous par son moyen; il est un mot, une syllabe proférés de la parole infinie. La création dans son ensemble est une image imparfaite et lointaine de l’être divin; elle n’existe qu'à la condition de cette ressemblance, qu’en vertu de cette participation aux lois nécessaires de l'être; la beauté augmente à mesure qu’elle se rapproche de son auteur, en nous révélant un plus grand nombre de ses innombrables attributs.
Mais l’univers contient une expression de l’intelligence divine, une image du Verbe divin infiniment plus parfaite que tout le reste de la nature, car elle a comme son auteur et son modèle le privilège d’être une cause, une volonté libre. L'homme est cette créature noble et divine entre toutes. La poésie et les arts, en s’occupant de l’homme, en le prenant pour sujet de leurs tableaux, s'astreignent à la recherche, à la manifestation d'un idéal supérieur. La peinture de l’homme, dans la vraie poésie
i.lli DES TENDANCES ACTUELLES DE L'ESPRIT HUMAIN.
doit dire faite en vue de l'idéal, de façon à nous en révéler tous les caractères saisissables par notre intelligence bornée, à nous inspirer le désir de nous rendre conformes, autant qu'il est possible, à ce type de toute perfection. Il existe un idéal de l'homme, comme il existe un idéal de chaque objet créé. Mais de cette créature supérieure, dont il a été dit par excellence qu'elle est faite à l'image de Dieu, le type est quelque chose de plus qu'une simple idée, qu’un exemplaire immobile et inactif par lui-même, qu'une pure conception de l'intelligence, fût-ce de l’intelligence éternelle. L’homme possède la personnalité, son idéal n'est pas seulement un type, c’est une personne divine. Le Verbe lui-même au sein duquel résident tous les types, toutes les idées créatrices, voilà l’idéal de l'homme. Voilà le divin exemplaire sur lequel l'humanité doit se régler. En revêtant un corps pareil au nôtre, le Verbe divin nous a montré ici-bas le modèle de toutes les perfections visiblcs-el invisibles. C'est en elïet dans la représentation du Christ que les peintres, les sculpteurs, les poètes s'efforcent d 'atteindre la suprême beauté physique et morale. C'est l'imitation du Christ qui est proposée à l'homme ici-bas comme la règle suprême de la vie morale; c'est l'union dans l'éternité avec ce divin idéal qui est le but suprême de son existence au delà de ce monde.
Les questions qui s’élèvent dans l'art à propos de l’idéal humain sont étrangères à ce livre; mais en touchant à la notion de l'idéal au sujet de la peinture du monde physique, nous avons été forcément amené à nommer le suprême idéal, l'idéal substantiel et vivant en qui se conçoivent toutes les formes de la vie et de la pensée. Appelant le divin Xiya: du nom qu’il a porté parmi les