e partie, chapitre ni
plète d’un objet : il ne regarde rien avec suite, il n’enregistre que des sensations fragmentaires.
Il suit donc de là, que les impressions du maniaque seront de moins en moins aptes à donner naissance à des perceptions définies ; il les subira sans les élaborer, sans y grouper les images associées qui font partie de la même synthèse mentale et qui transforment en perceptions les séries d’impressions extérieures b De meme, ses souvenirs seront de moins en moins marqués de son empreinte personnelle. S’il est encore capable de réciter un vers, de prononcer une phrase, ce vers, cette phrase ne seront pas compris par lui, ils n’amèneront après eux aucune des images associées qui les amplifient et leur donnent leur valeur. Interrogez un maniaque sur une phrase qu’il vient de prononcer, il vous sera impossible de constater qu’elle a pour lui un sens quelconque ; il ne comprendra pas davantage ce que vous 1 ni direz ; il pourra peut-être répéter votre question, mais sans y attacher aucun sens. Les images verbales-motrices qui président à la parole articulée sont, en effet, parmi les dernières qui se dissocient, parce qu’elles résultent d’habitudes anciennes et tenaces, mais de ce qu’elles subsistent longtemps et souvent après la désagrégation de toutes les autres dans l’accès maniaque, il ne faut pas conclure qu’elles aient conservé leur pouvoir d’évocation. Si nous avons tout à l’heure pris l’exemple d’un enfant à qui l’on raconte une fable, et si nous n’avons pas supposé qu’il l’ait retenue par cœur, c’est précisément pour éviter une objection qui aurait pu nous être présentée ; en effet, dans une crise de manie suraiguë, cet enfant, longtemps après qu’il serait devenu incapable de rien comprendre, aurait pu répéter exactement sa fable. Les séries verbalesmotrices, très solides, en effet, dans la jeunesse, auraient