‹ Le sentiment et la penséeChapitre 17 sur 119 · V. note, page xi · texte numérisé non relu

V. note, page xi

l’hypocondrie

où nous sommes sur leur mécanisme rend impossible toute étude complète des tendances organiques. Nous devons nous borner à des constatations générales et sommaires. Au reste cette lacune n’ôte rien de sa valeur à la dissociation psychologique qu’opère l’hypocondrie.

Troubles 'conscients. — Une multitude croissante de sensations nouvelles, pour la plupart inconnues, se succèdent dans la conscience. Elles sont de moins en moins interprétées par la pensée qu’elles tendent à envahir. C’est en cela que l’hypocondrie se rapproche de la manie.

Ces sensations, auxquelles nous donnerons avec M. Beaunis1 le nom générique de sensations internes, sont, chez l’individu sain, presque totalement inconscientes. Il est probable du reste qu’elles ont eu le caractère conscient soit pendant l’existence intra-utérine, soit au début de la vie. Plus tard elles n’occupent plus la conscience que par hasard.

Un effort d’attention peut leur donner le caractère conscient. Si l’on élimine toute perception et que l’on concentre son attention sur telle ou telle partie du corps, on éprouve presque immédiatement une sorte de fourmillement de sensations multiples, vagues, faibles, différentes suivant les diverses parties du corps, en tous cas très réelles. C’est la révélation subite des milliers de mouvements (organiques, vasculaires, etc.) qui constituent la vie. Peut-être l’attention en modifiant un peu l’irrigation vasculaire au point où elle s’est fixée, exagère-t-elle ces sensations ; en tous cas ce n’est là qu’une différence de degré, un cas particulier qui nous permet de mieux saisir sur le fait cette vérité fondamentale que partout où il y a vie il y a conscience.

M. Ribot a montré comment l’ensemble de ces sensations ou cœnesthésie, persistant au-dessous de nos

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