‹ Le sentiment et la penséeChapitre 18 sur 119 · Beaunis. Les Sensations internes · texte numérisé non relu

Beaunis. Les Sensations internes

diverses pensées, constituait la notion de l’identité de notre moi \

Dans l’hypocondrie ces sensations s’exagèrent ; elles ne sont pas perçues comme un ensemble, mais isolément et successivement. De là viennent qu’elles prennent un caractère perceptif, au lieu d’avoir, comme dans la mélancolie, où elles étaient senties simultanément, le caractère affectif. En effet, la différence entre le sentiment et la pensée paraît consister essentiellement en ce que la pensée est constituée par des séries d’éléments de conscience isolés et déterminés, au lieu que le sentiment est constitué par un ensemble confus d’éléments de conscience, la première coïncidant avec un phénomène moteur plus ou moins simple, le second ayant pour accompagnement nécessaire une action ou réaction plus ou moins confuse. Si au lieu de sentir confusément l’ensemble de cette réaction organique, nous avons successivement conscience des différents éléments qui la constituent, le caractère affectif, sentimental, du phénomène disparaît, et le sujet n’éprouve plus qu’une série d’états de conscience indifférents, toute sensation isolée étant, en soi, indifférente. — Cette interprétation nous paraît en concordance avec les notions acquises et elle explique, au moins en partie, les faits qui constituent la psychose hypocondriaque.

Tous les aliénistes ont noté l’attention singulière avec laquelle l'hypocondriaque observe les moindres faits de sa vie végétative. Le malade éprouve de toutes parts une afflux croissant de sensations nouvelles, et il cherche d’abord à les interpréter 1 2. Puis l’accès continuant, toute

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