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Pierre Janet. L’automatisme psychologique (Alcan

INTRODUCTION

viscérales, phénomènes vaso-moteurs variés, etc.), et qu’une association d’idée doit s’accompagner, en vertu de notre hypothèse, de mouvements que l’expérience peut peut-être faire découvrir et dont quelques-uns ont déjà été étudiés (mouvements de l’œil, de l’oreille, de la face, du larynx, des membres, etc.), nous pourrions essayer de préciser les rapports du sentiment et de la pensée en prenant une connaissance aussi exacte que possible des mouvements qui y correspondent. C’est ainsi, en tout cas, que se relient ces deux questions, en apparence éloignées, des rapports du sentiment et de la pensée, et du rôle des phénomènes moteurs soit dans les états affectifs et les émotions, soit dans l’association des idées. Nous sommes donc parti de cette hypothèse que nous avons constamment vérifiée, que la conscience s’accompagne toujours de mouvement, le mouvement et la conscience étant de nature essentiellement distincte. « 11 n’y a pas un monde spirituel et un monde matériel, agissant l’un sur l’autre ; il y a parallélisme entre les deux, et non action réciproque1. » Au reste, ce dualisme n’est pas nouveau, et nous n’en essayons ici qu’une nouvelle vérification expérimentale.

Si l’on ajoute à ces notions sur les mouvements les travaux sur les sensations qui ont été si activement poursuivis au cours de ces dernières années, surtout dans le domaine des sensations organiques (Krœner,

i. Paulhan. La 'physiologie de V esprit (Paris, Alcan).

INTRODUCTION

Reaunis, Hermann, Schiff, Richet), thermiques (Herzen , Goldscheider , Donaldson) , sur l’énergie spécifique des nerfs et les sensations musculaires (Jean Millier, Charlton Bastian, Ferrier, William James, François Franck, Binet et Féré), les recherches si ingénieuses de M. Pierre Janet sur l’inconscient, les théories de M. Herbert Spencer et des psychologues de son école sur l’évolution et l’hérédité, enfin et surtout les expositions orales par M. Th. Ribot des principaux problèmes de la psychologie expérimentale contemporaine1, on connaîtra les principaux éléments de la question que nous posons ici et les matériaux qui ont été utilisés pour y trouver une orientation et un essai de solution.

Voici maintenant la méthode qui a été suivie :

Nous avons d’abord recherché s’il n’était pas possible de rencontrer soit le sentiment, soit la pensée à l’état isolé.

L’homme normal n’offre rien de semblable, mais la maladie mentale réalise pour l’observateur les expérimentations les plus variées et les plus inattendues. C’est donc la pathologie mentale que nous avons interrogée d’abord.

« Il faut admettre pour le moral, dit M. Pierre

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