Cours du Collège de France de 1889 à
INTRODUCTION
Janet1, ce grand principe universellement admis pour le physique depuis Claude Bernard, c’est que les lois de la maladie sont les mêmes que celles de la santé et qu’il n’y a dans celle-là que l’exagération ou la diminution de certains phénomènes qui se trouvaient déjà dans celle-ci. Si l’on connaissait bien les maladies mentales, il ne serait pas difficile d’étudier la psychologie normale. D’ailleurs, à un autre point de vue, « l’homme n’est connu qu’à moitié s’il n’est « observé que dans l’état sain ; l’état de maladie « fait aussi bien partie de son existence morale que « de son existence physique2 ». Il n’est pas mauvais que la psychologie pénètre un peu dans le détail des différentes perturbations morales au lieu de rester toujours dans des généralités trop abstraites pour être d’aucune utilité pratique. C’est pourquoi une psychologie expérimentale sera nécessairement, à bien des points de vue, une psychologie morbide. » Nous croyons avoir reconnu, dans différentes affections que nous appellerons, faute d’une dénomination universellement admise, du nom générique de psychoses simples, des dissociations graduelles du sentiment et de la pensée, en sorte que la diminution ou l’exagération de l’un de ces deux éléments de la vie consciente s’accompagne toujours chez l’autre de troubles correspondants et proportionnels. C’est ainsi