‹ Le sentiment et la penséeChapitre 23 sur 119 · Hartmann. Philosophie de l'Inconscient , t. I, part. m · texte numérisé non relu

Hartmann. Philosophie de l'Inconscient , t. I, part. m

L'analyse psychologique prouve la communauté d'origine des plaisirs et des douleurs de tout genre. M. Herbert Spencer1 a démontré que nos conceptions les plus abstraites peuvent se ramener de degré en degré jusqu’à des sensations. De même, il n’est pas impossible de ramener une douleur morale aux douleurs physiques dont elle est une sorte de synthèse2. Dans ce que M. Spencer appelle la douleur « présenta tive-représentative », le malaise reproduit par le souvenir est une douleur physique plus faible mais identique. Les douleurs « purement représentatives » et même re-représentatives » se ramènent de même à des mouvements à l’état naissant empêchés par inhibition. La douleur naîtrait de la difficulté que ces mouvements groupés en tendances plus ou moins complexes éprouvaient à se produire.

C’est en somme la complication du fait qui, d’après Meynert3, provoquerait la douleur physique: selon cet auteur, les réflexes provoqués par une excitation intense étant empêchés, le trouble organique consécutif se traduit dans la conscience par de la douleur; mais cette douleur est localisée en un point défini de l’organisme. La douleur morale, au contraire, se reconnaît des causes d’un autre ordre. Nous reviendrons à différentes reprises sur cette idée. Pour le moment, il nous suffit de remarquer que le malaise organique de notre malade prend un caractère moral.

« Peu à peu à cette rnauvaise humeur , à ces difficultés de caractère s ajoutent des phénomènes qui donnent à son entourage l' explication de tous ces changements.

« Elle prétend que , dans la rue , des gens qu'elle ne connaît pas lui disent des injures , lui reprochent toutes sortes de défauts ; on l'insulte , même chez elle , mais on se cache

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