‹ Le sentiment et la penséeChapitre 28 sur 119 · Annales médico -psychologique s · texte numérisé non relu

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2. Foville. Délire des grandeurs et Paralysie générale , p. 34G.

LE DÉLIRE CHRONIQUE

tiennent à un rang élevé dont des circonstances plus ou moins mystérieuses les ont écartés, c’est que les gens qu’ils avaient considérés comme leurs parents ne sont pas leurs parents véritables; c’est qu’ils appartiennent en réalité à une famille de premier ordre, à une souche royale le plus souvent. »

D’après M. Foville, ce serait donc par suite d’un travail logique de l’esprit que le persécuté deviendrait ambitieux.

M. Paul Garnier1, émet une opinion semblable, mais atténuée. « La croyance à une persécution amène comme explication naturelle la croyance à une personnalité illustre.

« Tel paraît être en effet le plus ordinairement le mécanisme de formation des idées délirantes, et même, quand l’hallucination paraît être le point de départ du délire ambitieux, il est permis de penser que le travail syllogistique précédent est encore pour beaucoup dans la production des idées de grandeur. »

M. Magnan résume ainsi le passage de la deuxième à la troisième période2.

« Ce passage des idées de persécution aux idées ambitieuses se fait, comme le dit Foville, tantôt : 1° par déduction logique. Les persécutés se disent qu’ils doivent être de grands personnages pour que, pendant de longues années, on se soit donné la peine de les tourmenter, de les torturer, pour qu’ils aient inspiré tant d’envie et de jalousie; ils se découvrent alors une origine nouvelle, les familles dont ils portent le nom ne sont plus que des familles d’adoption ; en réalité ils descendent de princes, de rois, de grands souverains. La transformation de leur personnalité est de plus en plus un fait accompli ; 2° d’autres fois c’est une hallucination qui fait naître

\. Ouvrage cité, p. 40. — La Folie à Paris , p. 235 et suiv.

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