‹ Le sentiment et la penséeChapitre 43 sur 119 · Féré. Sensation et mouvement · texte numérisé non relu

Féré. Sensation et mouvement

nature et l’intensité de la couleur. Gela est bien du mouvement.

Images visuelles. — Ces images sont souvent associées à des sensations; elles constituent alors la perception, elles ajoutent, comme l’a bien montré M. Binet1, à la notion immédiate que donne la série d’impressions extérieures une série plus ou moins étendues d’images ou sensations réviviscentes qui renseignent le sujet sur les propriétés de l’objet non révélées par l’impression présente. Il est possible qu’une partie de la dynamogénie produite par cette impression s’emploie à la réviviscence de ces images en produisant une série de phénomènes moteurs joints à des représentations mentales. Cette dynamogénie s’augmente peut-être d’un dégagement d’énergie potentielle en réserve dans les cellules nerveuses. On ne peut rien affirmer de certain là-dessus. Mais nous pouvons cependant étudier l’image indépendamment de toute sensation, c’est-à-dire réviviscente en vertu d’une excitation d’origine tout interne, et examiner les mouvements qui accompagnent son apparition à la conscience. Ces mouvements, joints aux images visuelles sont évidents lorsque le sujet se représente un objet de grande dimension ; on peut voir alors son œil en suivre les contours. Lorsqu’il s’agit d’un objet très réduit on peut les constater par l’expérience suivante :

Regardons fixement un point noir presque imperceptible sur une feuille de papier blanc. Puis essayons de nous représenter visuellement un objet quelconque, un cheval, par exemple, non pas même en grandeur naturelle, mais en grandeur aussi réduite que possible, quelques millimètres au plus, en continuant de regarder fixement le point noir. Cela est impossible. Il faut que Pœil

Page 1