‹ Le sentiment et la penséeChapitre 45 sur 119 · Cf. page · texte numérisé non relu

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2. W. James. Ce que fait la volonté. Cf. Critique philosophique (30 juin 1888). Cette idée a été depuis confirmée par les expériences de M. Pierre Janet.

Le mouvement dans les sensations et dans les images auditives l.

Sensations auditives. — Les mouvements de l’audition sont internes et externes. Les mouvements externes sont peu nombreux chez l’homme; mais la mobilité de la tête supplée à l’immobilité de l’oreille. Lorsque la sensation auditive est intense il s’y ajoute des sursauts, des gestes de préservation, des clignements d’yeux, etc. Ici encore il est très difficile de faire la part de la dynamogénie totale et de distinguer ses effets de ceux de l’excitation purement locale. La limite sera indistincte et arbitraire jusqu’à ce que la psychologie soit plus renseignée sur la nature exacte et le rôle de la dynamogénie sensorielle.

Les mouvements internes sont comparables à ceux du cristallin. La membrane du tympan se tend ou se détend. Ces modifications accommodent le tympan à la perception du son; elles agissent aussi pour étouffer les vibrations consécutives aux sons et aux bruits en les empêchant de se prolonger outre mesure. Certaines séries de sensations auditives, les sons musicaux, ont aussi ce caractère de provoquer chez certains sujets des mouvements réguliers, qui sont, pour ainsi dire, des cadres moteurs où s’enferment les séries de sons. Beaucoup de personnes battent la mesure avec la tête ou avec les membres en entendant de la musique. Mais les sensations, perceptions et images musicales ont été si peu étudiées de ce point de vue par les psychologues qu’il est difficile d’en rien dire d’autre.

Il est pourtant un caractère particulier aux sensations auditives qu’il faut noter. Ces sensations peuvent être reproduites ou imitées par le sujet. C’est là du reste,

1. Wundt. Psychologie physiologique , t. 1er, et Ribot, Cours sur les mouvements.

d’après une opinion qui tend de plus en plus à prévaloir un des faits constitutifs du langage parlé. Les bruits d’abord, et particulièrement ceux qui sont produits par la voix humaine, se sont associés à des mouvements du larynx et de la langue, des lèvres, etc., de plus en plus délicats au fur et à mesure de l’évolution, ces mouvements ayant la propriété de produire l’ensemble de bruits et de sons appelés langage. Il suit de là que des associations de plus en plus directes se sont constitués entre les mouvements de l’appareil auditif et ceux du langage ; mais ces derniers mouvements ne font pas partie de ceu;x que nous étudions ici ; ils ne sont qu’une spécialisation des mouvements musculaires qui constituent les réactions immédiates de l’individu à une excitation donnée, et ils ne sont pas indispensables à l’audition puisque les sensations auditives peuvent provoquer chez un individu une réaction déterminée sans que le larynx reproduise nécessairement le bruit entendu. — Cela est évident par exemple dans le cas d’un commandement militaire très bref : le mouvement commandé est alors exécuté immédiatement en réponse à l’excitation auditive, en vertu d’une éducation qui supprime graduellement les mouvements intermédiaires inutiles y compris ceux de la voix qui répétait d’abord mentalement, du moins chez beaucoup de sujets, l’ordre donné.

Images auditives. — Les mouvements de l’oreille externe ou interne ne sont pas apparents, mais les mouvements de la tête qui se trouve vers l’endroit d’où vient le bruit imaginaire sont très fréquents. Certaines personnes ne peuvent imaginer un grincement sans cligner de l’œil, beaucoup battent la mesure de la tête, en se répétant intérieurement un air de musique1. Dans la

1. Cf. Egger, La parole intérieure. Ballet, Le langage intérieur et les diverses formes de l'aphasie.

parole intérieure, le rôle des mouvements est incontestable. Ces mouvements sont à l’état naissant, c’est-à-dire qu’ils sont une répétition très atténuée des mouvements réels, mais il arrive souvent qu’ils se continuent par des mouvements d’articulation véritable. Ici encore ces éléments moteurs sont cohérents dans la mesure meme où les éléments de conscience qui y correspondent sont plus ou moins étroitement associés. Si l’on cherche la troisième syllabe oubliée d’un nom de trois syllabes, on prononce à haute voix les deux premières afin de réveiller les associations motrices et en meme temps les images auditives. Cependant cette observation ne concerne que les sujets du type moteur. Les mots imaginés ne sont pas nécessairement prononcés. Chez les auditifs purs, les phénomènes moteurs sont bien plus insaisissables et les données de la psychologie ne nous permettent pas encore d’en étudier le détail. Cependant, d’après ce que nous savons déjà, nous pouvons croire qu’ils existent.

Les mouvements dans les sensations et dans les images olfactives *.

Sensations olfactives. — Le rôle de l’odorat s’est beaucoup restreint au cours de l’évolution. Il est. très important chez la plupart des animaux, surtout inférieurs, chez qui il supplée même souvent à la vue et à l’ouïe. Chez l’homme il est très réduit ; de plus les sensations olfactives provoquent des réactions bien plus générales que locales. Il faut noter cependant les mouvements de dilatation ou de contraction des ailes du nez (l’inspiration et la mimique du visage ne sont pas des réactions sensorielles locales).

Images olfactives. - — Elles s’accompagnent des mômes

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