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Ribot. Les maladies de la mémoire, p. 139 et suivantes

LA MANIE

vateurs. On connaît l’histoire de cette jeune anglaise qui récitait dans son délire de longs fragments de textes hébreux qu’elle avait entendus, plusieurs années auparavant, lire à haute voix par un curé dont elle était la servante. On sait aussi que les hystériques offrent des exemples très frappants de réviviscence d’anciens souvenirs. MM. Magnan, Ribot, Bourru et Burot, Pierre Janet, etc., tous les observateurs du morcellement de la personnalité, ont noté des faits de ce genre. Nous-même, nous avons pu faire sortir de l’oubli des fragments entiers de mémoire chez un pensionnaire de l’asile Sainte- Anne.

Ce malade, hystérique, à l’état de veille, était impuissant à se rappeler certains souvenirs d’enfance. Nous l’avons, par suggestion, fait redevenir enfant. Il revoyait alors l’école de son village, ses petits camarades et son maître dont il se rappelait le nom. Il nous a récité une longue fable; à son réveil, il avait tout oublié. Le titre de la fable, malgré toutes nos instances, n’éveillait rien en lui. Nous l’avons endormi de nouveau et nous lui avons donné l’ordre de se rappeler désormais la fable entière. Remis dans l’état de veille, il nous l’a récitée sans effort... Tout un lambeau perdu de ses souvenirs avait été retrouvé par cet artifice.

M. Pierre Janet1 a donné des faits de ce genre, une interprétation si pénétrante et si nette, que nous sommes dispensés d’y insister. Si nous rapportons ici une expérience qui est aujourd’hui banale, c’est comme un exemple à l'appui de cette idée qu’il est très possible que rien de ce qui a été conscient ne se perde.

Nous pourrions en fournir d’autres : l’opium, l’alcool et d’autres excitants exaltent temporairement la mémoire. Une émotion vive a le même pouvoir) Dans la

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