Sept . ap. Theb., tli|3. — 2. Vers
c’est ainsi qu’Homère nous représente lame d’Elpénor; ou bien, suivant la croyance populaire qui a survécu au paganisme , elle hante, fantôme malfaisant, les lieux qui furent témoins de sa vie terrestre. Pour celui qui, au mépris des lois naturelles, a refusé au corps qu elle animait les honneurs funèbres, elle devient uni; cause de colère divine *.
Rien de plus lugubre, suivant la croyance d’Homère, que la condition des âmes après la mort. Ce ne sont que des ombres; le terme consacré par l’usage est d’une justesse parfaite. La vie réelle était celle du corps. Aussi, quand un guerrier tombe atteint d’une blessure mortelle, quel que soit son héroïsme, avec son dernier soupir se confond une plainte de l’âme qui s’échappe en gémissant sur la perte de la vigueur et de la jeunesse1. « Ne nie console pas, illustre Llysse, ne me parle pas de ma mort : je voudrais travailler misérablement la terre pour un autre, pour un maître sans patrimoine et sans biens, plutôt que de régner sur tous ceux qui ont vécu3. » Comment ne pas citer encore une fois cette pathétique expression de l’inconsolable douleur qu’éprouve Achille, quand l’enthousiasme de la gloire et l’ardeur du dévouement, qui l’ont conduit dans la demeure des morts, s’y sont refroidis et calmés? Quel contraste en effet entre l énergie passionnée de sa vie et cette ombre d’existence inerte et morne, dont la conscience lui fait cruellement payer le réveil momentané de son intelligence, maintenant condamnée à un engourdissement éternel !
1. Mr,vt(ia fiiwv . Hom.. Iliade, X X 1 1 , 358. Odyssée, XI, 73.
2. roüoa âojiôTr,xa xai Ijjir.v. ààpÔTn;, c’cst la sève vivifiante, la force qui maintient unies et serrées les fibres de la chair.