I. Paus., X
quelques précieux fragments de pièces spécialement consacrées à l'expression des idées sur la mort, une ode entière dont une doctrine sur la vie future forme le fond moral et religieux. Pindare, il est vrai, ne développe pas comme les épiques, et il ne s’astreint à reproduire les idées d’aucun d’eux en particulier; mais assurément sa noble intelligence ne se refusa pas à l’impression des idées profondes dont ils avaient pu être touchés. Il y a donc tout ensemble chez lui la foi émue de la foule et la religion plus méditée et plus hardie de l'élite de ses contemporains. 11 en résulte qu’il suffit de le rapprocher immédiatement d’Ilomère, pour mesurer avec sûreté le progrès accompli, et aussi pour savoir suivant quelle proportion les éléments philosophiques ou mystiques avaient pénétré dans la poésie profane.
IDEES DE PINDARE SD B LA VIE FUTURE ET SUR LA DESTINEE HUMAINE. SA MORALE INCIDEMMENT COMPAREE AVEC CELLE DE SIMONIDE'.
Dans ï Odyssée, l'élément moral est absorbé par le sentiment religieux. Les idées de mérite et de justice
1. Cette partie de mon sujet rappelle nécessairement au lecteur, sans que j’aie besoin de l’y renvoyer, les belles pages de M. Villemain sur la morale de Pindare. J'ai osé traduire, À mon tour, quelques vers du grand lyrique, et cet essai m’a lait micu» comprendre encore la supériorité d'un maître qui joint à un sentiment rare des beautés les moins accessibles du modèle , le don de les reproduire par la souplesse et l'éclat du style. On trouvera une étude sur Pindare plus complète que la mienne et faite d’un point de vue différent de celui où je me place, dans un três-interessant travail que M. Chassang a inséré dans son livre intitulé : te Spiritualisme et l’idéal dan» l'art et la poésie des Grecs.
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ne sont pas représentées; il n’y a, à proprement parler, ni châtiments ni récompenses. Le tribunal de Al inos n'est pas celui d’une divinité des enfers investie de la • charge redoutable de juger les morts; c est l'ombre d'un tribunal humain où l’âme d’un prince continue à exercer une des fonctions principales de la royauté, de même que l’âme du chasseur Orion poursuit des fantômes de bêtes sauvages. Les vautours dcTityos, le lac de Tantale, le rocher de Sisy phe, sont des instruments d expiation, mais seulement pour des offenses envers les dieux. Ni le meurtre, ni le vol ne sont punis par aucun supplice; en un mot, il n'est question ni de crime ni de vertu. Cette félicité éternelle que doit obtenir Ménélas', n est pas une récompense, mais un privilège. S’il doit être transporté dans le royaume du blond Hhadamanthe, dans cette plaine Elysienne où ne pénètrent ni la neige, ni les tempêtes, ni les pluies, mais que rafraîchissent sans cesse les douces brises de l’Océan, c’est qu’il est l’époux d’Hélène et le gendre, de Jupiter. Ménélas, par la grâce de cette alliance, participe à la nature divine. Il échappe donc à la condition commune. Au contraire, tous les êtres humains qui n’en ont pas été relevés par une faveur singulière, meurent et vont peupler l’empire d’IIadès. Au fond, tout se passe en vertu des lois naturelles. II est dans le lot de l’homme de mourir après avoir vécu; la vie est le temps des joies et des souffrances, fruits de son activité : en perdant la faculté d’agir, ilperd celle de jouir et de souffrir; ou, pour parler avec une exactitude plus rigoureuse, dans cette demeure ténébreuse qui