New. XI
achèveront dans la sérénité d’une joie paisible un seul jour, fils du soleil — Etres éphémères, que sommesnous? Que ne sommes-nous pasj? Le rêve d’une ombre, voilà l'homme *. »
Cependant, si la supériorité des dieux est immense, ils sont aussi les dispensateurs des biens. C’est à eux seulement qu’il en faut rapporter la cause; mais il est des mortels privilégiés qui sentent les effets de cette grâce nécessaire, au point d’attester à leur tour la noblesse de leur origine. A quelles conditions ? Il y a là un mystère, et nous avons vu par quelle double voie la foi de Pindare croyait arriver à en pressentir l’explication. Toujours est-il qu’au-dessous des dieux, mais au-dessus du reste de T humanité, il existe des hommes qui reçoivent de leur faveur les biens de la naissance et de la fortune, les qualités du corps et de l’esprit, et la gloire, dont l’écho va réjouir dans les enfers jusqu’aux ombres des parents d’un vainqueur', et aussi la vertu. Enfin, parmi ces élus de la destinée, il en est qui peuvent aspirer à un prix encore plus haut que tous ces avantages de la vie terrestre.
C’est ainsi que Pindare conçoit l'harmonie du monde. Plein de la divinité, et presque en son nom, avec une magnificence d’expression et une autorité que ne dépassera guère Bossuet dans la chaire chrétienne, il proclame la majesté des maîtres suprêmes et, par instants déchirant à demi le voile de la destinée, il annonce aussi aux hommes une espérance infinie, fondée sur la modération pieuse de leurs pensées et sur