‹ Le sentiment religieux en Grèce d'Homère à EschyleChapitre 137 sur 205 · Po et iv · texte numérisé non relu

Po et iv

LE DITHYRAMBE

ment, comme dans la partie la plus élevée du culte de Bacchus, un pathétique mêlé d'angoisse et d’espérance. Par l’expression de ces sentiments, le dithyrambe avait une force plus pénétrante que le péan, hymne de confiance inaltérable dans la divinité sereine. Par là aussi, de même que par la riche variété des formes, il était comme un prélude du drame. L’excitation des sens et de l’âine se soulageant par la musique et par la danse, comme dans l’élégant hyporchème, le chant enthousiaste d’Apollon; l’effet du spectacle, comme dans les pompes religieuses; l’émotion vague et multiple de toute la nature, entraînée sous la forme des Satyres à la suite de son dieu, et, par opposition, l’émotion profonde de l’homme, éveillée par le deuil, comme dans le tbrène, ou par la crainte et l’espérance, comme dans les Mystères : voilà ce que le dithyrambe réunit en lui-même, appelant ainsi et vivifiant, par la force de l’inspiration poétique et religieuse qui le remplit, les manifestations les plus expressives de la sensibilité humaine. Rien ne serait plus intéressant que de voir d’après un exemple comment des éléments si divers se conciliaient ou s’ordonnaient pour former un ensemble dans ces singulières représentations, sur lesquelles l'insuffisance des documents menace de laisser le champ indéfiniment ouvert aux hypothèses. Ce que nous savons avec le plus de certitude, c’est que de trèsbonne heure le dithyrambe prit pour sujet, non pas seulement la légende de Bacchus, mais aussi des aventures de héros qui étaient en rapport plus ou moins direct, ou présentaient des analogies avec le culte, les mythes et la passion du dieu : c’était, plus

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